Antoine
J’ai vu à la télé quelqu’un qui m’a fait penser à quelqu’un d’autre.
Vous ne le connaissez pas, c’est le gars qui m’a présenté ma première blonde. Antoine, son nom. C’est une longue histoire, c’est pas vraiment intéressant, j’imagine que ça ressemble à la vôtre, à votre première blonde, à votre premier chum.
C’était à l’école, comme ça arrive souvent, plus cool de regarder les filles que le professeur, plus cool d’avoir une blonde que des devoirs. Antoine m’avait gardé une place pas loin de lui à la cafétéria, m’avait présenté Mélanie, nouvelle découverte de son cours de sciences quelconques. Elle était belle comme tout, comme un cœur aussi. Ça a tout de suite cliqué, et au bout de quelques semaines on s’est embrassés. C’est gluant une langue.
Comme ça, innocemment, c’était parti. Ma vie, l’engrenage, l’amour Vous auriez pas pu me le dire que c’était si dur ? Qu’aimer, ça faisait mal. Qu’aimer, c’était souffrir, c’était se battre, c’était changer. Se faire changer, se tordre, se déchirer. Se déchirer, oui c’est ça.
En voyant à la télé ce gars qui ressemblait à Antoine, je me suis dit que si un jour je le croisais dans la rue, je crois bien que je lui câlicerais mon poing dans la face.
