Chapitre 2
Le samedi 11 octobre 2003
Canadiens 4, Maple Leafs 0
Ça y est, ils sont regelés.
Amenez-moi des vitrines, que je les défonce. Amenez-moi des chars, que je les retourne et que je les brûle. Appelez-moi mon boss, que je prenne congé pour la parade.
4-0. On a détruit Toronto. Belle soirée d’automne, quand Danièle Sauvageau a presque l’air sympathique, quand on compte des buts et que Théo n’en accorde pas, quand Yvon Pedneault a l’air de tout savoir, mais que dans le fond, il fait juste décrire le jeu qui s’est passé cinq minutes plus tôt et qu’il dit « et c’est exactement ce qui s’est passé ».
Belle soirée d’automne, soirée solitaire pour moi, c’était parfait comme ça. J’ai pu apprécier l’effort des ti-gars, applaudir dans mon salon après chaque but sans me soucier du ridicule, le ridicule qui me tue toujours un peu.
Soirée en solitaire. Julie avait un souper, souper de filles. Et Mike n’a retourné aucun de mes appels depuis jeudi. Il est comme ça, Mike. Des fois il ne donne pas de nouvelles pendant plein de jours, sans raison. Sa petite vie dans sa petite tête, il oublie que les autres existent, il regarde par terre et il oublie.
N’empêche. Il n’aurait pas dû manquer la première game. Une tradition comme ça. Il n’aurait pas dû manquer la première game. La deuxième non plus, d’ailleurs, mais c’est moins grave. On se reprendra. Il en reste 80, et ça, c’est sans compter les séries. Oui oui, les séries. 4-0, quand même. Contre Toronto, quand même.
Ça sent la coupe.
