Comme une odeur de poisson (musclé)

29 février 2008


Alors j’ai mangé une canne de thon.

Je n’aime pas le thon.

J’ai vomi un peu dans ma bouche.

C’est ce qui arrive quand on écoute les conseils des autres. On se retrouve à faire des choses qu’on sait inutiles, ou haut-le-cœurisantes, juste parce que bon, si ça marche pour d’autres, pourquoi pas pour nous? La foi aveugle, l’effet placebo, tout ça ne vaut pas le caramel. Qu’on se le tienne pour dit, le caramel, il n’y a que ça de vrai.

Bon, c’est pas tout, ça. J’ai un écran à regarder sans faire quoi que ce soit.

Le sommeil de l’injuste

28 février 2008


Et si j’allais me coucher? Parce qu’après tout, j’ai fait tout ce que j’avais à faire aujourd’hui, si on oublie la portion «tout», et aussi la portion «j’ai fait». Il y a des nuits comme ça où on aimerait être capable de faire ce qu’on aime faire, et que rien ne se passe, comme si le temps était engourdi, comme si l’air était crevé.

Alors je fixe l’écran, en me disant qu’il faut bien que ça débloque, à’manné, les mots et les virgules et les accents et les points (les points-virgules on s’en crisse). Quand toutes les touches du clavier sont sales sauf celles de ton password de email, ce n’est pas très édifiant. Il doit bien y avoir une recette, que je me dis, mais je sais très bien qu’il n’y en a pas, que tout ça ne se contrôle pas, ne se conditionne pas. La musique, les livres, la méditation, la masturbation, rien n’y fait. Que des plans, que des projets, que des structures, et rien qui se répand sur l’écran sans que je m’en rende compte. C’est dommage.

Et si j’allais me coucher?

Nah. Je vais continuer à regarder l’écran. Quel bel écran.

Oui, quel bel écran.

Du bien dans mes oreilles

24 janvier 2008

C’est la première fois que ça m’arrive. Les fois précédentes, au début de la lecture, j’étais tout gêné de l’intérieur. Puis, plus la lecture avançait, moins j’étais gêné mais plus j’étais déçu. Un mot mal dit, un ton mal rendu, une virgule mal appuyée, ou tout ça pas si mal, mais juste pas comme moi je l’imaginais en l’écrivant. Je n’ai jamais aimé qu’un comédien lise un texte que j’ai écrit. Ça m’a toujours fait plaisir, bien sûr, mais le résultat m’a toujours égratigné les oreilles. Jusqu’à aujourd’hui.

Dès les premières secondes de la lecture faite par Marc Béland de ma lettre d’amour, sur le CD qui se trouve dans le coffret Mille mots d’amour de cette année, j’ai su que oui. Que c’était en plein ça. L’an passé, quand ma lettre en papier avait été incluse dans la troisième édition du coffret, j’étais content, je l’aimais bien. Mais cette année, avec cette version audio, la lettre prend une toute autre dimension. Plus de profondeur, plus de poids, plus d’émotion.

Pour la première fois, je trouve qu’un texte que j’ai écrit est meilleur lorsqu’on l’entend que lorsqu’on le lit. Merci m’sieur Béland. Merci, vraiment.

Si ça vous intéresse, c’est une toute petite partie d’un objet magnifique, que je vous encourage à acheter, plein de lettres écrites par plein de monde que vous aimez. Le coffret Mille mots d’amour, publié par Les Impatients, est en vente maintenant. Et c’est pour une superbe cause, en plus.

Les joies de l’auto-text

19 décembre 2007

Quand je tape «télé» dans mon Word, ça me suggère avec enthousiasme «Télé-Métropole».

Et quand je tape «obje», ça me suggère allègrement «Objet: heures d’utilisation de votre terrasse».

Enfin, quand je tape «bozo», ça me suggère subtilement «Bozo le Clown».

Rien de moins.

Donc, quand vous lirez ces expressions dans mon prochain roman, sachez que je n’y suis pour rien. On appellera ça un collectif. On fera fortune. On vivra heureux et on aura beaucoup de documents.

(Non, je ne vais pas me coucher, bon.)

Je suis comblé

11 décembre 2007

Une confidence : j’aime recevoir du courrier. Du vrai, là, pas du e-. Du en papier, que le facteur dépose dans ma boîte en métal qui fait couic couic. Quand j’ouvre la boîte et qu’il y a des enveloppes, je suis fébrile. Peu importe ce qu’il y a dans les enveloppes. C’est comme ça, même les comptes Visa me font plaisir.

Alors quand on m’envoie une enveloppe promotionnelle, je suis plutôt heureux.

Quand cette enveloppe promotionnelle est personnalisée, avec mon nom à moi en couleur, c’est encore plus charmant.

Quand, dans le tagline sur l’enveloppe, qui est personnalisé (je le rappelle parce que je trouve ça vraiment cool), il y a un jeu de mots vaseux, ça m’allume encore plus.

Et quand, dans ce jeu de mots désopilant, il y a un «a» accent aigu, alors là, je suis conquis. Complètement conquis.

J’ai de la misère á me contenir.

Cerveau

30 octobre 2007

Maudit que j’aime ça les affaires comme ça.

Précision

25 octobre 2007

Stéphane Dompierre dit, dans sa plus récente note :

«Quand vous complimentez un auteur en lui disant avec enthousiasme « J’ai tellement aimé votre livre que je l’ai prêté à tous mes amis », c’est exactement comme si vous disiez à un chanteur que vous avez tellement aimé son disque que vous l’avez copié pour l’offrir à tous vos amis.

NOT GOOD

Je veux juste me dissocier de ça drette là. Je ne sais pas pour les autres auteurs, et je comprends le propos de Stéphane, mais moi c’est pas ça du tout que je pense. Je l’ai toujours dit, et j’y crois fermement : je préfère avoir des lecteurs que des acheteurs, pour mille et une raisons que je n’énumérerai pas ici parce que j’ai une sieste à faire. Bref, quand on prête un de mes livres, moi ça me fait plaisir. C’est tout.

Ce que ma’me Brière lui disait s’applique plutôt bien

18 octobre 2007

Ici, c’est mon carré de sable, je pensais l’avoir assez répété. Un endroit où je fais ce que je veux, comme je veux, sans la moindre notion de bon ou de mauvais, mais avec toute la notion de «si ça vous plaît pas, câlissez-moi patience».

Ici, c’est pas ma job. C’est pas mon «œuvre». C’est pas mon talent, c’est pas ma mission professionnelle, c’est pas ma carrière. C’est même pas une vitrine. C’est mon coin à moi pour dire n’importe quoi n’importe comment, pour m’évader pendant cinq minutes de mon métier, de ma carrière, de mon travail. Pour rire avec moi-même, et avec ceux qui veulent partager quelques grains de sable.

Je ne passe pas mon temps, ni même une partie de mon temps, à préparer ce que je mets ici. C’est à peine un loisir, une soupape peut-être.

Et je ne dois rien à personne. En général, et encore moins ici. Rentrez-vous ça dans la tête.

Pour passer le temps que tu n’as pas

16 octobre 2007

Des fois, tu sais, tu as envie d’écrire, ça te travaille l’estomac, quelques autres organes du coin aussi, tu dois écrire. Tu ne sais pas pourquoi ça te gruge autant, tu ne sais pas pourquoi il y a tant de pulsions dans tes jointures, tant de forces qui te poussent à pousser les petites touches. Il faut que tu écrives, tu sais, il faut que tu tapes des mots et des lettres et quelques fois des points. Mais crisse que t’as rien à dire.

Liaisons dangereuses

9 octobre 2007

Parmi les groupes qui font t’une mauvaise liaison dans une chanson à succès :

J’adore Tricot Machine.
Je n’aime pas Mes Aïeux.

C’est comme ça, j’y peux rien.

Critique de théâtre

5 octobre 2007

J’ai vu King Dave hier. C’était correct.

Carbonique papillon

4 octobre 2007

Vivre la nuit a ses avantages. Mais j’ai aucune idée de ce qu’ils sont.

Révélation

28 septembre 2007

Pour quiconque en doutait encore: je suis un dieu.

(Ça c’est de l’autofiction, madame.)

Ooooooooooooh

26 septembre 2007

Scusez.

Sur la 30 vers Sorel (endroit dont il n’est pas question dans ce post)

24 septembre 2007

When the moon is a cold chiseled dagger sharp enough to draw blood from a stone. Ça vient d’une des tounes qui me transpercent le plus. Mais je ne sais pas pourquoi, alors ça ne sert à rien d’approfondir. C’était la pensée nocturne inutile numéro un. Un de un, probablement.