02 _ Six jours plus tard

25 novembre 2008

Il y a eu ce gars qui m’a demandé un orthographe, cette caissière qui ne voulait pas vendre mes livres et les changeait pour d’autres, ces chasseurs de signets sauvages qui ne remerciaient personne, cet homme dans la cinquantaine qui ne savait pas ce qu’était un film pornographique, cette sécheresse poussiéreuse, ces prénoms qu’on a dû m’épeler lettre par lettre (dites-moi, qui prénomme sa fille Sunny-Kay?), ces personnes qui me demandaient l’emplacement du stand 411 ou l’horaire de Bryan Perro, ces gens qui voulaient que je dédicace un livre écrit par un autre, ces parents qui commençaient à lire le titre de mon premier épisode à voix très haute et qui, au milieu du mot «pornstars», baissaient terriblement le ton et s’en allaient, cet article dans le Journal de Montréal qui parlait de Mathieu Sicard, cette incapacité à décrire Pavel en moins de 10 minutes, cette personne dont j’ignorais si elle était un gars ou une fille et qui a eu le malheur de s’appeler Gabriel (ou Gabrielle), cette éditrice qui m’a embrassé en me disant «Salut Steve!». C’est pour ça que j’adore les salons du livre. Ces choses-là ne s’inventent pas. Et ces choses-là n’arrivent pas dans mon bureau.

03 _ Un peu peur

4 novembre 2008

Si j’avais à écrire une phrase faisant la promotion de la langue française, et que je savais que cette phrase allait se retrouver sur d’énormes panneaux, je pense que je ferais attention. Je m’arrangerais pour qu’il n’y ait pas de faute. Pour qu’il n’y ait même pas la possibilité d’un petit doute. Pour que personne ne puisse soulever le fait que, techniquement, il y a un problème de ponctuation. Je m’arrangerais pour que, si quelqu’un veut chialer, je puisse lui mettre la règle dans la face, et qu’il ferme sa gueule. Pas l’inverse. Parce que si je faisais l’inverse, si je déviais de la règle un peu, pour que ça coule mieux, et qu’on se plaignait, je serais pogné pour dire «oui mais t’sais, vu de tel angle, ça se peut». Si c’était moi qui avait à écrire cette phrase-là, cette phrase à imprimer sur un panneau pour dire que la langue française est belle, je me la jouerais Maurice Grevisse en ta’.

Mais ce n’est pas moi qui l’ai écrite, la phrase que je vois un peu partout quand je me promène en auto. La phrase à la virgule qui fait un peu mal.

Qui fait un peu peur.

04 _ Internet of Dreams

31 octobre 2008

Sachez-le.

Il y a quelques années, un coup de génie sur le Web arrivait une fois par mois, un peu plus fréquemment quand on était chanceux. Il suffisait de créer quelque chose d’unique, d’écœurant, et tout le monde accourait.

Ce n’est plus le cas. Il se publie aujourd’hui sur le Web des centaines de coups de génie par jour. Certains percent mieux que d’autres, mais le simple fait d’avoir une idée géniale ne garantit plus des hits, un succès renversant, la notoriété.

Dur de croire que des gens demandent encore une «campagne virale», veulent encore qu’on crée pour eux une vidéo conçue spécialement pour que tout le monde veuille l’inclure dans un email, puis insérer les adresses de ses connaissances, puis écrire un petit «checke ça man, c’est tordant», puis cliquer sur send. Trop d’efforts, tout ça, il faut que ça vaille vraiment la peine. Et ça vaut rarement la peine, même quand c’est bon. On veut tous faire un truc qui nous rendra rois du Web. Mais on a plus de chances de gagner au 6/49. Pour vrai.

Internet n’est plus le Field of Dreams qu’il était il y a 7 ans.

If you build it, they won’t come.

05 _ La genèse de Pavel

15 octobre 2008

C’était il y a deux ans, au Salon du livre de Montréal. J’étais en pleine séance de dédicaces, et elle n’avait pas voulu me déranger. Elle m’avait juste donné sa carte, en me disant qu’elle avait quelque chose à me proposer. Quelques jours plus tard, on avait déjeuné près de son bureau, et en deux morceaux de patates, j’étais convaincu. «Comme une série de télé à lire», avait-elle dit. «Treize épisodes, 6000 mots chacun», avait-elle dit. «À part ces restrictions-là, tu fais ce que tu veux». «Oui», avais-je répondu.

Depuis ce jour-là, on s’est échangé 384 emails, on s’est parlé au téléphone pendant environ 35 heures, en personne pas mal plus longtemps. Depuis ce jour-là, j’ai écrit, réécrit, désécrit, corrigé, raturé, douté, souri, gueulé. J’ai fait respirer Martin et ses angoisses, Anouk et ses déchirements, Pavel et ses mystères, et un paquet d’autres personnages.

Et maintenant, deux ans plus tard, je vous présente ma fierté : Pavel. Le premier épisode s’intitule Plus vivant que toutes les pornstars réunies, et il sera disponible en librairie et dans les Couche-Tard dès lundi prochain (mettons mardi, pour être sûr…). Les douze autres épisodes suivront à raison d’un par deux semaines, pendant six mois.

06 _ Fait vécu

5 octobre 2008

Ça se bécote dans la file d’attente. Une petite grassette beaucoup trop maquillée et un pas très grand intello maigrichon. Petit bec avec petit peu de langue, petite caresse, le parfait bonheur qui s’enbulle doucement en attendant que la file avance, que le guichet se rapproche. On est au cinéma, samedi soir, et il y a du monde en quantité qu’on peut qualifier de trop. Ils sont heureux, mais la file n’avance pas très vite. Ça les désenbulle un peu. Les sourires et les câlins font place à une légère frustration. Rien de trop grave, juste une petite distance nouvelle, un pouce arrière. Caresse discrète. Sourire léger. Cinq minutes passent. La fille s’impatiente derrière son maquillage. Les sourires disparaissent, le bécotage aussi. «Je peux pas croire qu’on est en train de rater Loft Story pour ça», dit-elle. Le gars ne bronche pas. Cinq autres minutes passent. Ils arrivent enfin au guichet. La fille semble maintenant excédée, pour une raison qui m’échappe. «Bon, c’est quoi ton film, là ?» demande-t-elle sur un ton qui effraierait Freddy. Son chum sourit brièvement. On le sent mal à l’aise. «Ce qu’il faut pour vivre», dit-il.

Dix piasses qu’en sortant du film, ils ont cassé.

07 _ Teaser

2 octobre 2008

Bon ben si c’est rendu qu’on tease tout plein, je vais teaser aussi. Voici: le 21 octobre. Aaaah. Vous êtes teasés, là. Oui oui, vous l’êtes.

Je ne peux rien vous dire de plus, mais retenez bien la date. Ou pas. Moi je la retiens, en tout cas, et sans même devoir l’inscrire à l’agenda que je n’ai pas. Il faut dire que je l’attends depuis presque deux ans, ce jour-là. Deux ans que j’ai passés à travailler là-dessus. Et ce n’est même pas terminé, il m’en reste encore un peu à faire. Alors vous imaginez bien que toute cette histoire de teaser et d’obligation au silence et de cachotteries me tord l’intérieur. Je suis impatient. J’ai envie d’en parler. J’ai envie que plein de monde sache. Je suis comme ça. Comme un enfant. Et je n’aime pas les petits trips aléatoires d’agences de pub. Je crois rarement aux teasers, à moins d’avoir des moyens bigantesques.

Mais bon, très bientôt je pense, la semaine prochaine peut-être, j’aurai le droit d’en parler plus en détail. Et je vous dirai tout, absolument tout, comme ça vous saurez. Et au bout du compte, ce qui compte vraiment, c’est ceci : le 21 octobre.

08 _ La fin du monde

2 octobre 2008

Ce matin, mon yogourt goûtait les fraises. C’était un yogourt à la vanille. Mon jus d’oranges goûtait le pamplemousse. Dans le garage, la voiture avait changé de couleur. Et dehors, tout avait disparu.

Je n’avais jamais imaginé l’apocalypse aussi calme, aussi vide, aussi anonyme. Il devrait y avoir de la fumée, des morceaux de chair qui traînent, des ruines, du gris, de la musique triste. Mais non. Il n’y a rien. Pas de rue pas d’arbre pas de gens pas de trottoir pas de vie pas de mort pas de musique pas de maison. Sauf la mienne, au milieu de rien, qui flotte dans le vide, avec mon auto décolorée qui s’éloigne sans bruit, à l’endroit à l’envers et n’importe comment.

La fin du monde n’a rien de sexy. Elle n’est ni spectacle, ni douleur, ni peur. Elle n’est personne, n’a pas de visage. Elle ne parle pas, elle n’arrache rien. Ce matin, j’ai mangé un yogourt. J’ai bu un verre de jus d’oranges. Je suis allé dans le garage. Je suis sorti. Et il n’y avait rien.

Je n’ai pas ressenti grand-chose, ni de la peine ni de la rage. Que de l’ennui.

La fin du monde est plate.

09 _ Copie

24 septembre 2008

Il filait mignon. Sourire coquin, barbe de quelques heures, et cette chemise qui avait déjà attiré le regard de deux délicieuses jeunes filles. Depuis l’incident du restaurant indien, deux ans plus tôt, il ne s’était jamais senti aussi séduisant qu’aujourd’hui. Même les enfants qui jouaient dans la flaque d’eau, lui sembla-t-il, avaient cessé de bouger pour mieux l’admirer. Et la dame qui marchait au son de ses propres talons, un parapluie à la main, avait réduit la cadence en passant près de lui. Il sentait bon. Il sentait beau. Mathilde allait être renversée, elle qui revenait à peine d’un voyage éprouvant en Asie, elle qui, lui avait-elle écrit, s’ennuyait profondément de lui. Elle retrouverait un jeune homme transformé, un jeune homme que la solitude des dernières semaines avait modelé en un demi-dieu aussi tendre que vibro-masseur. Il transpirait la confiance, à un point tel que l’hôtesse du café eut droit à un clin d’œil de sa part. Puis à un autre. Il tira une chaise sur le trottoir, y prit place. Le sourire aux lèvres, il attendit sa douce.

Quand Mathilde arriva enfin, avec une bonne demi-heure de retard, elle le regarda à peine. Une larme coulait sur sa joue.

10 _ Nicolas B.

21 septembre 2008

Ça a commencé un dimanche, évidemment. C’était le soir de ma troisième participation au cabaret des Auteurs du dimanche, il y a quelques années, quand c’était à l’Intrus. Mon premier livre venait de sortir, tu l’avais lu. Grand blond de même pas 18 ans, timide à mort, tu m’avais dit que tu aimais ce que je faisais. Ça m’avait touché. Le dimanche suivant, on s’était salués. Tu étais trop poli, trop bien élevé pour être de ta génération. Puis il y a la fois où, sans savoir que c’était toi, je t’avais écrit pour te féliciter d’un texte sur ton blogue, dans lequel tu vidais tes tripes. Je m’étais senti épais quand tu m’avais dévoilé ton identité. Puis il y a la fois du show à Juste pour rire, quand tu ne voulais tellement pas me déranger que tu n’as jamais osé venir me parler. La fois où tu m’as demandé d’être interviewé pour le travail d’école de ton amie. La fois où je t’ai dessiné un bonhomme-allumettes, au lancement de Llouis. Les quelques fois où on a jasé sur MSN.

Et il y a la fois où ta mère m’a écrit pour m’annoncer ton décès. Crisse de cancer.

11 _ Stéphane Mallarmé

20 septembre 2008

En secondaire 5, j’ai fait un exposé sur Mallarmé. Je m’en souviens très bien. Je m’étais assis sur le bord de la fenêtre, dans la classe. Je voulais être différent des autres, qui récitaient leur blabla debout en avant, sans artifice. J’avais apporté ma machine à jouer des cassettes. J’avais mis une toune de Corrosion of Conformity, Eye for an Eye. C’était une copie, alors le son n’était pas très bon; ça m’avait déçu. J’aurais aimé que ça emplisse la classe, mais même au maximum, le volume en arrachait. Mon ami Paul, pas trop loin de moi, me regardait avec envie. Je pense qu’il aurait aimé avoir le guts de faire ça comme ça, lui aussi. Un spectacle. J’avais récité un extrait d’un poème, appris par cœur, et j’y avais mis plein d’intensité, appuyé par le chant crasse de Eric Eycke. Je m’étais préparé devant le miroir, la veille. Le prof, Monsieur Vadeboncœur, avait l’air perplexe; il était du genre à sourire tout le temps, sans qu’on sache s’il était amusé pour vrai. Je me souviens de tout ça. L’expérience. La réaction des autres élèves. La figure du prof.

Mais je ne me souviens de rien au sujet de Mallarmé.

12 _ Japonais

19 septembre 2008

Un jeu. Parce qu’on aime ça, les jeux. (Ce n’est pas mon idée du tout, j’ai pris ça sur 4chan cette nuit, alors que j’étais supposé travailler.) Il s’agit d’aller sur la page de traduction de Google, d’écrire quelque chose en français, de le faire traduire en japonais, puis de faire traduire le résultat à nouveau en français. C’est très très drôle. Enfin, pas tant que ça.

«J’ai passé la nuit à faire semblant d’écrire» est devenu «Ma carrière est possible de prétendre à écrire». Ce qui n’est pas faux.

«Y fait frette pis c’est même pas encore l’automne» est devenu «Y anneau n’est pas une mauvaise chute». Pas fou.

«Tu iras pas chier loin avec ça» est devenu «Vous devez maintenant s’il vous plaît chier». Plus poli, mais moins gentil.

«Passe-moi la puck pis je vais en compter des buts» est devenu «Est-ce que je veux regrouper quelques objectifs». Euh. Je le chante dans ma tête, et je suis pas certain que ça marche autant.

Et enfin, «Les hosties d’artistes ne devraient pas se plaindre le ventre plein» est devenu «N’ont pas de ventre est plein de plaquettes artistes». Ici, les deux propositions sont aussi absurdes l’une que l’autre.

13 _ La nuit

18 septembre 2008

Et quand l’histoire se répète, on pleure toujours autant. Comme si on avait oublié, pourtant l’oubli semble inhumain. Comme si c’était la première fois que ça arrivait, pourtant l’image de la dernière fois est trop précise dans nos paupières. Les sourires affligés, les accolades maladroites, les poignées de main transpirantes, rien ne suture les ouvertures cruellement sanglantes qui ornent notre chair. Et quand l’histoire se répète, on sursaute, on s’effondre, on souffre comme si c’était inhumain, plus inhumain que toutes les autres fois. Il y a bien quelques braises humaines, mais de nos larmes on les éteint trop rapidement pour en sentir la chaleur, trop froidement pour en saisir l’importance. Ça n’arrive pas qu’aux autres, on l’oublie trop souvent. Ça n’arrive qu’à nous, on dirait tout le temps. Et on a hâte à la nuit, à l’obscurité, que tout se fonde à tout, que les lacérations deviennent invisibles, que la douleur et les sons rejoignent le vide silencieux. Alors, les pleurs peuvent exploser, vivre seuls en pulsions musculaires, mourir en sanglots chaque seconde de chaque minute. Et quand l’histoire se répète, on se rappelle que parfois, il n’y a pas d’autre façon de respirer qu’en pleurant, la nuit, en silence.

14 _ Orthodontie

16 septembre 2008

Qu’est-ce que je fais ici? Je ne suis pas orthodontiste, pourtant. Je vends des voitures. Et encore, pas tant que ça; Gilles en vend beaucoup plus que moi. Je travaille à Dollard-des-Ormeaux. J’ai vendu un sedan, hier, à un homme qui posait beaucoup de questions. Alors qu’est-ce que je fais ici, dans un congrès d’orthodontistes? Je ne me souviens de rien. Je me suis endormi à côté de ma femme, hier soir, et je me réveille ici, dans cette grande salle, un micro dans la main, une centaine de visages tournés vers moi. Ils attendent que je dise quelque chose, des paroles d’orthodontie, des mots de dents croches. Et moi, tout ce que je sais dire, c’est «cherchez-vous un modèle en particulier?» et «pensez-vous louer ou acheter?». Je porte le micro à ma bouche. Les orthodontistes tendent l’oreille. Il faut que ce soit un cauchemar. Je veux me réveiller. Si je crie le plus fort que je peux, je vais me réveiller, me dis-je. Alors je crie, dans le micro, le plus fort que je peux. Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah. Les orthodontistes font un saut. Quelques secondes plus tard, des gardes de sécurité entrent dans la salle. Merde. Ce n’est pas un rêve.

15 _ Tout le monde

16 septembre 2008

J’ai déjà vu tout le monde. Dans la rue, sur le trottoir, au comptoir d’un Second Cup, sur une chaise de restaurant, sur un stage de danseuses, au salon du livre, dans un party privé, partout. J’ai vu tout le monde qu’il y a à Montréal. Je marchais ce matin sur l’avenue des Pins, et chaque personne que je croisais, je l’avais déjà vue quelque part. J’ai une mémoire fantastique pour les visages. Et une mémoire atroce pour les identités. Je vous ai tous vu un jour, et si je vous voyais aujourd’hui, je saurais que je vous ai déjà vu. Mais je n’aurais pas la moindre idée de qui vous êtes. C’est comme ça. Et c’est assez frustrant, parce qu’il y a des gens, dans la vie, qu’on est supposé reconnaître. Des gens importants, des gens qui comptent, ou ont compté. Et moi je fais comme si je ne les avais jamais vus, parce que c’est trop compliqué de leur dire je t’ai déjà vu mais je te reconnais pas. Surtout si c’est mon frère, par exemple. C’est pour ça que, day in day out, je détourne le regard. Parce que vous et moi, on s’est malheureusement déjà croisés.

16 _ Réflexions mélangées

14 septembre 2008

Il y a dans la nature humaine quelque chose de splendidement surnaturel. L’être humain est un cave aux éclairs de génie, un moron fantastique. Capable, un jour dans le vide du calendrier, d’inventer des machines à voler, de l’art à pleurer, des principes à écarquiller. Et capable, tout le reste du calendrier, de s’éteindre le cerveau, d’insulter celui d’à côté, d’élire son semblable (pour se prouver que lui aussi, il pourrait être chef d’État). Je me demande si, dans les autres espèces, il y a aussi une masse d’âmes vides et d’esprits bofs, et seulement quelques génies. S’ils ont aussi l’être d’exception, l’être très loin des plus normaux.

On est tous sur le rivage et, dans une barque sur un lac, il y a un génie. On le regarde de loin, et au lieu de construire nos propres barques pour le rejoindre, on préfère qu’il s’éloigne davantage. On est bien sur le rivage, parmi nous tous. Il nous fait peur, l’exceptionnel. C’est un freak. Puis un jour, c’est lui qui s’approche de nous avec un outil, une idée, une invention. Et si on trouve ça fantastique, on se l’approprie, fiers de dire que c’est nous, l’être humain, qui l’avons créé.