Vrac
Jeudi 23 novembre 2006Cette année au Salon du livre, j’ai bu de l’eau et j’ai barbouillé des mots illisibles dans des livres, en écoutant Jacques Demers dire Joyeux Noël à ses lecteurs (chaque fois je faisais un saut; moi qui n’ai pas encore décoré mon sapin). J’ai dit merci plein de fois et j’ai dit je ne sais pas quelques fois, quand on me demandait où était quelqu’un d’autre. J’ai eu mal au dos comme j’ai toujours mal au dos et je me sentais comme un bébé sur ma chaise haute. Il a fait chaud et sec et j’ai marché sur trois pieds et j’ai donné un coup de coude à une vieille dame qui a failli tomber. J’ai échangé quelques mots avec Sébastien Chabot Patrick Dion Patrick Brisebois Daniel Rondeau Stéphane Dompierre Fanny Dominic Bastien Dany Daviel Ed et plein d’autres, dont un gars qui fait de la musique avec Vincent Vallières et qui avait l’air pressé. J’ai senti l’amour des lecteurs c’est gênant et l’indifférence de la foule c’est rassurant. J’ai tout remis en question cent fois je suis comme ça. J’ai signé mon nom trop de fois pour que ça ne m’impressionne pas. Et je suis allé me coucher.
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Jacques Demers est chanceux. Quand quelqu’un s’approche de lui pour demander une dédicace, il épelle spontanément son prénom, toujours. Raymond, r-a-y-m-o-n-d. Maryse, m-a-r-y-s-e. Moi les gens s’approchent gênés et murmurent leur prénom vaguement sans me dire que c’est pas un i, c’est un y.
«C’est pour Mdghsbnnsc.» Moi je devine que c’est Madeleine, et si c’est pas ça j’ai l’air nono. «Pas Madeleine, Mélany.» Alors je biffe et j’écris Mélanie. «Avec un y pas de e».
C’est pas facyl.
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Confession. Quand je suis près de Jacques Demers, je me sens toujours un peu coupable. C’est parce que dans Ça sent la coupe, page 15, mon personnage dit qu’il est moron.
(Je l’ai écrit avant de savoir qu’il ne savait pas lire (ce qui, dans ce cas-ci, est un mal pour un bien).)
(Je m’excuse Jacques.)
(Oui, c’est ça, un joyeux Noël à vous aussi.)
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Pendant que j’y suis. Personne n’a remarqué, mais dans Ça sent la coupe, tous les personnages masculins portent le prénom de joueurs des Canadiens, et ont des caractéristiques personnelles associées aux caractéristiques de ces joueurs sur la glace. Or, je me suis rendu compte la semaine passée qu’il n’y a pas un de ces joueurs qui est encore avec l’équipe. Ribeiro, Théodore, Zednik, Brisebois, Langdon…
Bizarre.
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Avant-hier, j’ai passé la journée à l’école secondaire du Chêne-Bleu. J’avais été invité à jaser avec les élèves — de mon métier, de mon parcours, de trucs relativement plates pour des adolescents, donc. Deux groupes le matin, deux groupes l’après-midi. Journée fatigante, un peu de monologue, beaucoup de questions, très bonnes questions souvent, des jeunes allumés, parfois trop («As-tu des complexes par rapport aux filles pour écrire des histoires comme ça ?»). Quand je suis monté dans mon auto à 16 h et que j’ai pu respirer un peu, j’étais vachement content d’y être allé. Belle journée. Merci.
Et ce qui est chouette, c’est que j’ai pu répéter quatre fois que je suis vraiment heureux d’avoir étudié le latin pendant quatre ans. Pour vrai.
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Et, pour conclure, n’importe quoi : je suis allé m’acheter des vêtements la semaine passée (une première en trois ans), et je ne comprends rien à la mode. Pendant trois heures, je me suis demandé pourquoi les magasins avaient décidé de prendre le virage «mauvais goût» cette année.