Archive de la catégorie 'La vie de...'

Et si j’achetais une carte du Minnesota, à la place

Mardi 11 septembre 2007

Je suis en train de downloader Internet, au cas où ça soit fermé la prochaine fois que j’en aurai besoin. Parce que bon, si le besoin s’en faisait sentir et que par malheur, tout soit en 404, je ne sais pas ce que je ferais. L’autre jour j’étais en train de lire la définition d’un mot dans le dictionnaire (le vrai en papier, là), et juste en haut il y avait un mot que je n’avais jamais lu, et mon réflexe a été de me dire qu’il faudrait que j’aille voir sur Internet ce que ça voulait dire. J’ai eu honte mais ça n’a pas paru. D’autant plus qu’il n’y avait personne autour.

Et puis bon, sans le woïwaïwebbe, où c’est que je posterais des trucs sur mon blogue?

Dans le temps de l’époque passée d’avant, alors que les Zinternets étaient encore inconnus de tous sauf de l’armée, lorsque je voulais savoir quelque chose, je me disais «ouf, c’est beaucoup trop compliqué, je ne sais pas où chercher, la bibliothèque est fermée, ah la la je laisse tomber, et j’oublie tout». Maintenant, grâce à la magie de la touèle, quand je veux savoir quelque chose, je me dis «ouf, j’aurais juste à aller voir sur le Web, mais est-ce vraiment nécessaire, et puis l’ordinateur est éteint, et tiens, un biscuit, je vais laisser tomber». Et j’oublie tout.

Le Web a changé ma vie.

Dessous de bras

Vendredi 7 septembre 2007

Je faisais vaguement du ménage en chantant allègrement Chocolate Rain quand je suis tombé sur ma collection de bâtons antisudorifiques. J’en ai plein, pour une raison scientifique inventée de toutes pièces par moi-même, et corroborée par rien pantoute. La raison est la suivante: puisque la sudation du t’sour de bras est une fonction naturelle, quand on met du stuff là pour pas suer, on fait chier notre corps. Et comme c’est pas naturel et que le corps est contrarié, il va tout faire pour s’habituer au stuff méchant, le combattre, et le vaincre. Sauf si tu changes constamment de marque et de saveur d’antisudorifique, auquel cas le corps ne peut pas s’habituer, parce que t’sais. Adieu gouttelettes inesthétiques

Bref, dans ma collection, il y a un bâton de Axe Dry dont la fragrance, je vous le donne en mille, est «Tsunami». Parce qu’évidemment, on veut tous que notre dessous de bras sente le cadavre thaïlandais.

Mon autre identité

Jeudi 16 août 2007

Je suis Dr Capslock, le super-héros qui crie.

Eh ben

Mercredi 15 août 2007

J’avais oublié que j’avais un blogue, moi.

L’enveloppe, l’enveloppe…

Mardi 17 juillet 2007

Ma boîte aux lettres est agonisante, elle ne tient qu’à un fil de vis tordue, qui elle-même ne tient qu’à un fil de bout de métal de porte. Et la porte de la petite boîte en question, pour l’ouvrir, c’est une aventure parce qu’elle accroche de partout sur ses propres charnières, pleine de rhumatismes qu’elle est, alors il faut forcer, et d’un coup sans avertir elle explose d’une ouverture toute violente, alors le risque d’un accident de vis qui lâche est énorme. Et si la boîte choit, et qu’on se trouve de l’autre côté de la porte quand elle choit, alors on ne peut plus ouvrir la porte. Ce qui est fâcheux, surtout si on a à se rendre quelque part.

Donc, en général, le courrier me laisse froid, pour des raisons techniques. Sauf jeudi dernier, alors que dans la boîte maléfique se trouvait une enveloppe du Conseil des arts et des lettres du Québec. Une enveloppe toute gentille, pleine d’en plein ce qu’il me fallait pour être lumineux et flottant.

Joie, donc.

C’est tout.

À la Di Stabarnak

Mardi 3 juillet 2007

— Toi, Matthieu, est-ce que tu cuisines?

J’ai répondu non, mais un petit non qui laissait croire que oui, un peu, mais rien de très fancy, rien d’avec des épices que je ne connais pas, rien d’avec des morceaux de vaisselle exotiques qu’il n’y a pas dans mes tiroirs, rien d’avec des légumes dont j’ignore l’existence et qu’on trouve juste dans certains quartiers de Bangkok. Un petit non gentil qui laissait quand même croire qu’à l’occasion, il y avait bien quelque plat dans mon four, quelque pièce de viande sur un barbecue, quelque filet de poisson grillant allégrement sur un rond.

Mais ce non, c’était un vrai non. Qui n’aurait jamais dû laisser croire quoi que ce soit.

Ce soir, j’ai raté mes chaussons Pillsbury.

Sale attente

Mercredi 20 juin 2007

Dans une salle d’attente remplie de l’attente des gens, on peut fermer sa gueule pendant quatre heures, fermée fermée comme l’esprit du monde dans la rue et le mien aussi, et même si on dit rien à personne, on va tout savoir. S’agit juste de hocher la tête de temps en temps.

Je sais le prénom et l’âge de tous les enfants qui étaient là. La petite Eva est adorable.
Je connais tout des problèmes d’élocution de la fille d’un gars qui s’appelle Carol, fille qui n’y était même pas.
J’ai vu les radiographies de cinq madames différentes, dont une avait une tête d’épingle pognée dans le doigt.
Je connais l’arbre généalogique complet d’une certaine Sylvie, qui avait mal au genou.
André Turcotte a été appelé trois fois, ne s’est jamais présenté. Quitter.
Je me suis fait poser la question «vous, ça fait combien de temps que vous attendez?» plus de douze fois. Chaque fois j’ai répondu avec mes doigts, en espérant ne pas me retrouver à avoir besoin de ma deuxième main.
J’ai appris que le réflexe normal, quand quelqu’un est appelé, est de dire à tout le monde autour «me semble que je suis arrivé avant lui, moi, comment ça que c’est à son tour?».
J’ai appris que «c’est pas normal, attendre autant. Avoir su je serais pas venu.»
J’ai appris que le message dans le biscuit chinois que j’ai mangé juste avant d’arriver disait vrai. «Vous allez avoir une bonne santé», qu’il disait.

Les gens ont un besoin viscéral, lorsqu’ils ont un bobo et qu’ils s’inquiètent, et qu’ils attendent d’être rassurés, de se faire rassurer d’abord par n’importe qui qui traîne pas loin. Ça fait des salles d’attente où tout le monde parle à tout le monde, mais où personne n’écoute personne. Hochement de tête.

La mort des raisins

Mardi 22 mai 2007

J’ai écrasé des raisins. Dans la rue, il y avait une grappe de raisins rouges sans pépins (à première vue), et je les ai vus trop tard pour les éviter. Ça a fait un splouche terrible, sous mon pneu avant droit, puis, comme je suis sans cœur, sous mon pneu arrière droit aussi. Tous ces pas-de-pépins qui se sont retrouvés sans maison, à la rue, et tout ce jus de raisin perdu, se mêlant à l’asphalte en une flaque aux reflets de vin cheap. Et ce bruit, ce bruit qui résonne encore dans ma tête, suis-je un meurtrier?

— Arrête la voiture, Matthieu!
— Pourquoi? C’est trop tard, on ne peut plus rien faire pour eux.
— Mais arrête, je te dis.
— Ils sont morts.
— De quoi tu parles? Arrête ici, y’a une plante que je veux acheter juste là.

Chacun ses drames.

Les petits bonheurs font écrire mal

Lundi 21 mai 2007

Je sais, je cache le soleil. C’est pour faire plaisir aux agriculteurs. Et à ma maman qui jardine.

Je suis comme ça, tout plein d’altruisme.

C’est pas vrai.

Je suis un menteur, par contre. Ça c’est vrai.

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L’épisode d’hier de Entourage était franchement excellent. J’aime la tivi quand elle m’aime aussi. De ce temps-ci elle m’aime.

«Now go fuck my wife like the superstar you are while I play billiards with your friends.»

Et aussi, dans le tout premier épisode de How I Met Your Mother:

« I love a scotch that’s old enough to order its own scotch.»

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Merci de ta sollicitude. Je te répondrai.

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Les petits bonheurs d’une journée comme aujourd’hui font écrire mal. C’est comme ça. Les mots sortent en se foutant de celui qui suivra, et de celui qui précède, et ça donne des suites de riens qui convainquent, au soleil et le sourire niaiseux dans la face, qu’on a tout désappris, qu’on s’est détalenté, qu’on devrait passer sa vie sur une terrasse avec des home-made martinis, stirred parce qu’on a pas de shaker, au lieu de croire qu’on est auteur, et de le faire croire, surtout. Illusion.

Les petits bonheurs font écrire mal.

Le bon côté, c’est qu’on s’en crisse.

Deux secondes de tout

Mardi 15 mai 2007

— Matthieu… Mylène. Mylène… Matthieu.

Ça faisait cinq minutes que j’étais en retrait, accoté sur le frigo, à quelques mètres mais complètement invisible à ses yeux. Elle doit être une lionne ou quelque chose comme ça, que je me suis dit, ces animaux qui ne vous voient pas quand vous ne bougez pas, le genre de trucs qu’on apprend au primaire. Au cas où on se retrouverait devant un lion dans la cour d’école, j’imagine. Je la regardais parler au producteur, écrasée dans une chaise, le corps complètement couvert, seul le visage à découvert, et encore, le visage maquillé de gouttes de faux sang, et les cheveux complètement flous, film d’horreur oblige.

J’étais amoureux. Comme toujours, mais en un peu plus vrai, on aurait dit. Aveuglé par ses yeux, ceux qui ne me regardaient pas. Et je me disais que si un jour je sortais avec cette fille-là (oui, ben, pourquoi je fermerais la porte tout de suite?), au moment où elle me demanderait ce que j’avais remarqué en premier chez elle, je dirais «tes yeux», et elle ne pourrait pas me trouver niaiseux de dire ça pour éviter de dire «ton cul». Il n’y avait que ses yeux dans la pièce. Pendant cinq minutes. Et elle ne me regardait même pas.

Puis le producteur est sorti, et il fallait que je sorte aussi, et juste avant de disparaître, il m’a présenté, en deux secondes.

— Matthieu… Mylène. Mylène… Matthieu.

Et pendant deux secondes, elle m’a regardé dans les yeux. Et pendant deux secondes, j’ai oublié tout, pour la première fois depuis des années, tout le monde mon monde et la vie ma vie, toutes les peines mes peines et la douleur ma douleur, et tout mon vide, mon vide à moi. Elle a rempli ça d’un regard, pendant deux secondes, et j’ai cru qu’elle était amoureuse de moi, je suis comme ça.

— Enchantée.
— Fblgllgflgb.

Hate mail… Gotta love it (Courrier haineux… Doitta aimer ça)

Dimanche 6 mai 2007

Ma chronique dans le Journal de Montréal, elle ne fitte pas dans le Journal de Montréal. Je le savais dès le début. Ça rendait ça encore plus cool, dans ma tête. Et puis bon, c’était du danger, parce que quelque chose qui ne fitte pas, ça ne dure pas. Parce qu’évidemment, un jour ou l’autre, quelqu’un quelque part allait s’en rendre compte et me dire qu’il fallait arrêter ça c’t’affaire-là. Ce qui fut fait la semaine passée, et là il reste deux mardis du Courriel du cœur puis c’est fini. No hard feeling, it was good while it lasted, comme disent les gens qui disent ça.

Et comme m’a écrit récemment une fille que j’ai connue grâce à la chronique, «ta chronique fitte pas, et c’est tant mieux. Parce que si ça fittait, nous ne nous connaîtrions pas, parce que j’ai jamais envoyé de courriel de groupie à Louise Deschâtelets.» Ou quelque chose comme ça. Ou bien j’ai rêvé. Anyway, dans ma tête ça serait cool que quelqu’un m’ait écrit ça.

Le bon côté des choses qui ne fittent pas, c’est que ça devient vite une source inépuisable de rires-par-le-hate-mail. Alors juste pour le plaisir, voici deux emails que j’ai reçus à m’manné au cours des six derniers mois. Il se peut qu’il y ait quelques fautes par-ci par-là.

ah lala , trouve toi une autre job ailleur tu fait peur, t’ai réponse sont platte en cliss, quelqun ou quelqune te demande de l’aide et toi tu fait des réponses nieseuse va te cacher sa presse man

(Et là il cite une réponse dans laquelle je ne réponds rien de bien consistant, évidemment.)

Fuck cest koi le rapport???????? AIDE LA A PLACE DE RIRE DANS TA BARBE, LES LUNETTES

Moi qui croyais que la barbe et les lunettes, c’était sexy. Merde.

Et le deuxième, mon préféré.

Bonjour Matthieu…c’est la premiere fois que j’ecrit a ce genre de courrier et tu comprendras pourquoi!!!je suis une personne de nature tres aimable et sociable mais la…tu me depasse…Je ne peut croire qu’une telle sorte de rubrique peut se retrouver dans un journal aussi connu pour donner les actualites etc….Je comprends tres bien que c’est avec humour et un grain de sel..mais vraiment c’est ahurrissant.Comment notre societe en est telle rendu!!Pour moi cette chronique est totalement ridicule et depourvu d’intelligence,voyant les reponses que tu donne aux personnes qui t’ecrivent…On n’appelle plus ca de l’humour mais bien quelqun qui n’a surement pas terminer son primaire..tellement je te trouve vulgaire et illettré. INCROYABLE.Tu ne pense pas a ton avenir en ecrivant des sornettes de la sortes!Tu te ridiculise aux yeux de millions de lecteurs..excuse moi mais vraiment..Je ne comprends pas pourquoi le journal a pu mettre une chronique et embaucher un idiot semblable..J’aimerais pouvoir en rire de cette chronique(et dieu sait que je suis une fille super souriante)mais la ca insulte mon intelligence.enfin sans rancune j’espere pour toi que ca te feras avancer dans le futur en tant que journaliste ou je ne sait dans quoi tu veut te tourner..mais stp..termine tes etudes..et par pitie arrette de te faire passez pour un imbecile parce que vraiment,tu me decourage..et tu te ridiculise au plus au point..pour moi tu est vraiment quelqun qui n’a rien a faire de sa vie que de s’assoir sur des coussins comme le montre ta photo et passez son temps a ecrire des connerie completement ridicule….GET A LIFE!!!!!!

Je suis super souriant moi aussi. Et je note le conseil. Get a life. Je tâcherai de faire ça.

Mais pas tout de suite, parce que là j’ai un cours de mathématiques. Aujourd’hui on apprend les divisions. J’ai un peu peur.

CBR900RR

Mercredi 2 mai 2007

Eh ben voilà. Je vous présente, comme ça sans préambule ni tambour ni trompette (ou si peu), l’occasion idéale de vous procurer un morceau de l’histoire littéraire québécoise. Rien de moins. Réjouissons-nous.

La moto dont il est question un peu partout dans Échecs amoureux et autres niaiseries, et particulièrement dans l’histoire «La 327, la 329», est à vendre. C’est pas rien. Pour moi, en tout cas.

Faque si ça vous intéresse, ou si vous connaissez quelqu’un que ça pourrait intéresser, ou encore si vous collectionnez les objets dont il est question dans mes livres (weird…), écrivez-moi.

Voici la machine en question…

Fermé pour l’hiver…

Jeudi 8 février 2007

Je n’ai plus tellement envie de tenir ce blog, pas pour l’instant du moins, et l’instant dure depuis quelques semaines déjà. C’est le temps d’arrêter, donc, parce que j’ai besoin d’écrire des choses plus construites, plus formées, plus lourdes, pour moi bien sûr, des choses que vous lirez peut-être un jour. Des choses qui ne tiennent pas dans un post de blog. Ni dix. Au printemps ou à l’été, je réévaluerai.

D’ici là, je tiendrai mon site principal à jour, pour qu’au moins ceux qui s’ennuient puissent savoir où venir me dire bonjour. Et j’essaierai d’y ajouter des textes inédits, des chroniques, quelque chose, de temps à autre. (Tenez, j’ai déjà mis un peu de lecture.)

(Oui, je sais, c’est frette dit comme ça. Je ne suis pas fâché ou triste ou déprimé, c’est juste le temps d’accrocher ma cape avant de ne plus avoir de fun.)

Aurvoir.

Au yâb le Super Bowl…

Jeudi 1 février 2007

... moi, dimanche, je serai aux Auteurs du dimanche, où je lirai un texte que j’écrirai sans doute dimanche vers la fin de l’après-midi. Trois fois dimanche dans la même phrase. De quoi être fier.

Cinq choses sur moi

Dimanche 21 janvier 2007

Voyez comme je suis bon à la tague. Je suis tellement agile et rapide que personne ne réussit à me toucher, même avec plein d’ambition et de volonté et d’hyperliens. Mais là je me suis essoufflé et je cède. Voici donc cinq n’importe quois que vous ne savez peut-être pas à mon sujet.

1. Quand je fais du lavage et qu’on est rendu à la partie du cycle où la machine se vide, mon évier se remplit d’eau savonneuse. Pratique pour la vaisselle.

2. Je me suis fait tatouer huit fois, par huit tatoueurs différents.

3. J’ai mal au genou.

4. Quand mon auto est pognée dans la neige, je trouve ça l’fun, parce que c’est un défi à relever.

5. J’ai trouvé les deux premiers épisodes de la présente saison des Invincibles vachement poches.

Et voilà. Puisque je suis tout seul dans la cour d’école et que tout le monde est rentré chez lui, je ne donne la tague à personne, mais je cours partout tout seul comme un épais et comme une poule pas de tête, juste pour le plaisir.