Archive de la catégorie 'La vie de...'

Du bien dans mes oreilles

Jeudi 24 janvier 2008

C’est la première fois que ça m’arrive. Les fois précédentes, au début de la lecture, j’étais tout gêné de l’intérieur. Puis, plus la lecture avançait, moins j’étais gêné mais plus j’étais déçu. Un mot mal dit, un ton mal rendu, une virgule mal appuyée, ou tout ça pas si mal, mais juste pas comme moi je l’imaginais en l’écrivant. Je n’ai jamais aimé qu’un comédien lise un texte que j’ai écrit. Ça m’a toujours fait plaisir, bien sûr, mais le résultat m’a toujours égratigné les oreilles. Jusqu’à aujourd’hui.

Dès les premières secondes de la lecture faite par Marc Béland de ma lettre d’amour, sur le CD qui se trouve dans le coffret Mille mots d’amour de cette année, j’ai su que oui. Que c’était en plein ça. L’an passé, quand ma lettre en papier avait été incluse dans la troisième édition du coffret, j’étais content, je l’aimais bien. Mais cette année, avec cette version audio, la lettre prend une toute autre dimension. Plus de profondeur, plus de poids, plus d’émotion.

Pour la première fois, je trouve qu’un texte que j’ai écrit est meilleur lorsqu’on l’entend que lorsqu’on le lit. Merci m’sieur Béland. Merci, vraiment.

Si ça vous intéresse, c’est une toute petite partie d’un objet magnifique, que je vous encourage à acheter, plein de lettres écrites par plein de monde que vous aimez. Le coffret Mille mots d’amour, publié par Les Impatients, est en vente maintenant. Et c’est pour une superbe cause, en plus.

Les joies de l’auto-text

Mercredi 19 décembre 2007

Quand je tape «télé» dans mon Word, ça me suggère avec enthousiasme «Télé-Métropole».

Et quand je tape «obje», ça me suggère allègrement «Objet: heures d’utilisation de votre terrasse».

Enfin, quand je tape «bozo», ça me suggère subtilement «Bozo le Clown».

Rien de moins.

Donc, quand vous lirez ces expressions dans mon prochain roman, sachez que je n’y suis pour rien. On appellera ça un collectif. On fera fortune. On vivra heureux et on aura beaucoup de documents.

(Non, je ne vais pas me coucher, bon.)

Je suis comblé

Mardi 11 décembre 2007

Une confidence : j’aime recevoir du courrier. Du vrai, là, pas du e-. Du en papier, que le facteur dépose dans ma boîte en métal qui fait couic couic. Quand j’ouvre la boîte et qu’il y a des enveloppes, je suis fébrile. Peu importe ce qu’il y a dans les enveloppes. C’est comme ça, même les comptes Visa me font plaisir.

Alors quand on m’envoie une enveloppe promotionnelle, je suis plutôt heureux.

Quand cette enveloppe promotionnelle est personnalisée, avec mon nom à moi en couleur, c’est encore plus charmant.

Quand, dans le tagline sur l’enveloppe, qui est personnalisé (je le rappelle parce que je trouve ça vraiment cool), il y a un jeu de mots vaseux, ça m’allume encore plus.

Et quand, dans ce jeu de mots désopilant, il y a un «a» accent aigu, alors là, je suis conquis. Complètement conquis.

J’ai de la misère á me contenir.

Critique de théâtre

Vendredi 5 octobre 2007

J’ai vu King Dave hier. C’était correct.

Carbonique papillon

Jeudi 4 octobre 2007

Vivre la nuit a ses avantages. Mais j’ai aucune idée de ce qu’ils sont.

Révélation

Vendredi 28 septembre 2007

Pour quiconque en doutait encore: je suis un dieu.

(Ça c’est de l’autofiction, madame.)

Ooooooooooooh

Mercredi 26 septembre 2007

Scusez.

Et si j’achetais une carte du Minnesota, à la place

Mardi 11 septembre 2007

Je suis en train de downloader Internet, au cas où ça soit fermé la prochaine fois que j’en aurai besoin. Parce que bon, si le besoin s’en faisait sentir et que par malheur, tout soit en 404, je ne sais pas ce que je ferais. L’autre jour j’étais en train de lire la définition d’un mot dans le dictionnaire (le vrai en papier, là), et juste en haut il y avait un mot que je n’avais jamais lu, et mon réflexe a été de me dire qu’il faudrait que j’aille voir sur Internet ce que ça voulait dire. J’ai eu honte mais ça n’a pas paru. D’autant plus qu’il n’y avait personne autour.

Et puis bon, sans le woïwaïwebbe, où c’est que je posterais des trucs sur mon blogue?

Dans le temps de l’époque passée d’avant, alors que les Zinternets étaient encore inconnus de tous sauf de l’armée, lorsque je voulais savoir quelque chose, je me disais «ouf, c’est beaucoup trop compliqué, je ne sais pas où chercher, la bibliothèque est fermée, ah la la je laisse tomber, et j’oublie tout». Maintenant, grâce à la magie de la touèle, quand je veux savoir quelque chose, je me dis «ouf, j’aurais juste à aller voir sur le Web, mais est-ce vraiment nécessaire, et puis l’ordinateur est éteint, et tiens, un biscuit, je vais laisser tomber». Et j’oublie tout.

Le Web a changé ma vie.

Dessous de bras

Vendredi 7 septembre 2007

Je faisais vaguement du ménage en chantant allègrement Chocolate Rain quand je suis tombé sur ma collection de bâtons antisudorifiques. J’en ai plein, pour une raison scientifique inventée de toutes pièces par moi-même, et corroborée par rien pantoute. La raison est la suivante: puisque la sudation du t’sour de bras est une fonction naturelle, quand on met du stuff là pour pas suer, on fait chier notre corps. Et comme c’est pas naturel et que le corps est contrarié, il va tout faire pour s’habituer au stuff méchant, le combattre, et le vaincre. Sauf si tu changes constamment de marque et de saveur d’antisudorifique, auquel cas le corps ne peut pas s’habituer, parce que t’sais. Adieu gouttelettes inesthétiques

Bref, dans ma collection, il y a un bâton de Axe Dry dont la fragrance, je vous le donne en mille, est «Tsunami». Parce qu’évidemment, on veut tous que notre dessous de bras sente le cadavre thaïlandais.

Mon autre identité

Jeudi 16 août 2007

Je suis Dr Capslock, le super-héros qui crie.

Eh ben

Mercredi 15 août 2007

J’avais oublié que j’avais un blogue, moi.

L’enveloppe, l’enveloppe…

Mardi 17 juillet 2007

Ma boîte aux lettres est agonisante, elle ne tient qu’à un fil de vis tordue, qui elle-même ne tient qu’à un fil de bout de métal de porte. Et la porte de la petite boîte en question, pour l’ouvrir, c’est une aventure parce qu’elle accroche de partout sur ses propres charnières, pleine de rhumatismes qu’elle est, alors il faut forcer, et d’un coup sans avertir elle explose d’une ouverture toute violente, alors le risque d’un accident de vis qui lâche est énorme. Et si la boîte choit, et qu’on se trouve de l’autre côté de la porte quand elle choit, alors on ne peut plus ouvrir la porte. Ce qui est fâcheux, surtout si on a à se rendre quelque part.

Donc, en général, le courrier me laisse froid, pour des raisons techniques. Sauf jeudi dernier, alors que dans la boîte maléfique se trouvait une enveloppe du Conseil des arts et des lettres du Québec. Une enveloppe toute gentille, pleine d’en plein ce qu’il me fallait pour être lumineux et flottant.

Joie, donc.

C’est tout.

À la Di Stabarnak

Mardi 3 juillet 2007

— Toi, Matthieu, est-ce que tu cuisines?

J’ai répondu non, mais un petit non qui laissait croire que oui, un peu, mais rien de très fancy, rien d’avec des épices que je ne connais pas, rien d’avec des morceaux de vaisselle exotiques qu’il n’y a pas dans mes tiroirs, rien d’avec des légumes dont j’ignore l’existence et qu’on trouve juste dans certains quartiers de Bangkok. Un petit non gentil qui laissait quand même croire qu’à l’occasion, il y avait bien quelque plat dans mon four, quelque pièce de viande sur un barbecue, quelque filet de poisson grillant allégrement sur un rond.

Mais ce non, c’était un vrai non. Qui n’aurait jamais dû laisser croire quoi que ce soit.

Ce soir, j’ai raté mes chaussons Pillsbury.

Sale attente

Mercredi 20 juin 2007

Dans une salle d’attente remplie de l’attente des gens, on peut fermer sa gueule pendant quatre heures, fermée fermée comme l’esprit du monde dans la rue et le mien aussi, et même si on dit rien à personne, on va tout savoir. S’agit juste de hocher la tête de temps en temps.

Je sais le prénom et l’âge de tous les enfants qui étaient là. La petite Eva est adorable.
Je connais tout des problèmes d’élocution de la fille d’un gars qui s’appelle Carol, fille qui n’y était même pas.
J’ai vu les radiographies de cinq madames différentes, dont une avait une tête d’épingle pognée dans le doigt.
Je connais l’arbre généalogique complet d’une certaine Sylvie, qui avait mal au genou.
André Turcotte a été appelé trois fois, ne s’est jamais présenté. Quitter.
Je me suis fait poser la question «vous, ça fait combien de temps que vous attendez?» plus de douze fois. Chaque fois j’ai répondu avec mes doigts, en espérant ne pas me retrouver à avoir besoin de ma deuxième main.
J’ai appris que le réflexe normal, quand quelqu’un est appelé, est de dire à tout le monde autour «me semble que je suis arrivé avant lui, moi, comment ça que c’est à son tour?».
J’ai appris que «c’est pas normal, attendre autant. Avoir su je serais pas venu.»
J’ai appris que le message dans le biscuit chinois que j’ai mangé juste avant d’arriver disait vrai. «Vous allez avoir une bonne santé», qu’il disait.

Les gens ont un besoin viscéral, lorsqu’ils ont un bobo et qu’ils s’inquiètent, et qu’ils attendent d’être rassurés, de se faire rassurer d’abord par n’importe qui qui traîne pas loin. Ça fait des salles d’attente où tout le monde parle à tout le monde, mais où personne n’écoute personne. Hochement de tête.

La mort des raisins

Mardi 22 mai 2007

J’ai écrasé des raisins. Dans la rue, il y avait une grappe de raisins rouges sans pépins (à première vue), et je les ai vus trop tard pour les éviter. Ça a fait un splouche terrible, sous mon pneu avant droit, puis, comme je suis sans cœur, sous mon pneu arrière droit aussi. Tous ces pas-de-pépins qui se sont retrouvés sans maison, à la rue, et tout ce jus de raisin perdu, se mêlant à l’asphalte en une flaque aux reflets de vin cheap. Et ce bruit, ce bruit qui résonne encore dans ma tête, suis-je un meurtrier?

— Arrête la voiture, Matthieu!
— Pourquoi? C’est trop tard, on ne peut plus rien faire pour eux.
— Mais arrête, je te dis.
— Ils sont morts.
— De quoi tu parles? Arrête ici, y’a une plante que je veux acheter juste là.

Chacun ses drames.