02 _ Six jours plus tard
Mardi 25 novembre 2008Il y a eu ce gars qui m’a demandé un orthographe, cette caissière qui ne voulait pas vendre mes livres et les changeait pour d’autres, ces chasseurs de signets sauvages qui ne remerciaient personne, cet homme dans la cinquantaine qui ne savait pas ce qu’était un film pornographique, cette sécheresse poussiéreuse, ces prénoms qu’on a dû m’épeler lettre par lettre (dites-moi, qui prénomme sa fille Sunny-Kay?), ces personnes qui me demandaient l’emplacement du stand 411 ou l’horaire de Bryan Perro, ces gens qui voulaient que je dédicace un livre écrit par un autre, ces parents qui commençaient à lire le titre de mon premier épisode à voix très haute et qui, au milieu du mot «pornstars», baissaient terriblement le ton et s’en allaient, cet article dans le Journal de Montréal qui parlait de Mathieu Sicard, cette incapacité à décrire Pavel en moins de 10 minutes, cette personne dont j’ignorais si elle était un gars ou une fille et qui a eu le malheur de s’appeler Gabriel (ou Gabrielle), cette éditrice qui m’a embrassé en me disant «Salut Steve!». C’est pour ça que j’adore les salons du livre. Ces choses-là ne s’inventent pas. Et ces choses-là n’arrivent pas dans mon bureau.