Marco Simoncelli
Dimanche 23 octobre 2011J’ai appris la mort de Marco Simoncelli, pilote de moto bourré de talent pour qui j’avais beaucoup d’admiration, vers 15h cet après-midi. Depuis, je me répète toutes les raisons qu’il y a de ne pas m’en émouvoir. Je n’avais aucun lien avec lui, ni amicaux ni géographiques. Il n’est qu’un parmi tous ceux qui meurent chaque jour, naturellement ou artificiellement — d’accident ou de maladie. Je ne le suivais pas depuis si longtemps, deux ans tout au plus. Et, surtout, il avait le luxe de pouvoir risquer sa vie régulièrement, alors que tant de gens si près de moi luttent pour préserver la leur. Je n’ai aucune raison d’être bouleversé par sa mort. Et pourtant, je le suis. Depuis cet après-midi, vers 15h, je ne peux sortir de ma tête cette tristesse, ce choc, ces larmes qui cherchent à rejoindre mes blancs d’yeux. Une douleur, car c’est bien de ça qu’il s’agit, une douleur qui me rappelle celle que j’avais eue en 1994, quand Ayrton Senna est décédé. L’impression que, sans le connaître, je le connaissais, à force de le voir courir chaque deux semaines, de regarder ses entrevues. L’impression qu’il incarnait l’essence de la course, auto ou moto, un peu de Gilles Villeneuve en lui, ce qui manque cruellement maintenant. L’essence de la course, et par là, la réflexion de ma passion pour celle-ci. Il était tout ce que j’aime de la course depuis que j’ai 4 ans.
Je suis capable de toutes les rationnalisations du monde pour savoir que je ne peux pas être ému de son décès. Mais l’émotion n’a rien de rationnel. Au revoir, Marco.
