Chokage

Il y a quelques années, je m’étais promis d’arrêter ça. Arrêter d’aller là où je ne veux pas aller, arrêter d’erresvéper n’importe quoi juste parce qu’«il faut». Puis, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas arrêter. Parce que là où je ne veux pas aller, il y a le monde, l’extérieur à affronter, et que, des fois, on y rencontre des gens importants. J’ai compris que quand «il fallait», ça voulait dire qu’il fallait. Alors j’ai continué à fréquenter ces événements où il y a des gens. C’est dur, pour moi, ça l’a toujours été. J’ai peur des regards, du jugement, des mots qui pourraient sortir croche ou, pire, pas du tout.

Ce soir, c’était le party de Noël de mon agent — cet homme formidable qui me fait oublier qu’il y a eu, un jour, un «avant que j’aie un agent». J’avais prévu y aller. Pour vrai. Je savais ce que j’allais porter. Mon frère était réservé pour garder l’amourable petite chose vivante qui sait chanter les cinq premiers mots de Petit Papa Noël, et qui finit par répéter «quand tu» à l’infini comme un disque rayé.

Quand mon frère est arrivé, je me suis dit que je n’avais plus le choix, je devais aller au party. Et puis, en une heure, j’ai dérapé. J’ai fait une rechute, et j’ai cru que j’avais le droit de choker, de faire ce qui me tentait et, par conséquent, de ne pas faire ce qui m’effrayait. Je suis resté chez moi. Avec mon frère et le petit être remueur d’intérieur qui compte jusqu’à deux en disant «un, un autre».

Ça devrait me faire du bien. Soulagement d’éviter des malaises répétés dans un party où je suis le nobody. Mais tout ce que ça me fait, c’est comprendre — une fois de plus — qu’on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie et que, quand on le fait, on finit toujours par se sentir coupable.

Laisser un commentaire