Le 6371, rue Drolet
La nuit dernière, à 4h47, j’ai fermé pour la dernière fois la porte de l’appartement que j’ai habité pendant huit ans. Là où tout est arrivé. Là où j’ai écrit tous mes livres, les pieds sales traînant sur le mur derrière mon bureau. Là où j’ai passé des nuits blanches à stresser à cause de l’entevue du lendemain. Là où j’ai parlé pendant des milliers d’heures au téléphone, des millers d’heures à l’ordinateur, des milliers d’heures les yeux dans les yeux. Là où j’ai cuisiné quatre fois. Là où j’ai eu trop chaud, trop froid. Là où j’ai grandi, tellement grandi, là où je suis devenu quelqu’un, quelqu’un à l’intérieur. Là où tout est arrivé.
Il y a huit ans, j’étais :
• Un jeune homme perdu
• En train de commencer une carrière en publicité, avec la certitude que c’était ma vocation
• Mal dans ma peau
• Incapable de résoudre un cube Rubik
• Un parmi des milliers à avoir l’intention d’écrire, un jour, un roman
• Effrayé à l’idée de regarder quelqu’un dans les yeux
• Un enfant
• Habité par la peur de me planter
• Pas conscient de la chance qui m’entoure depuis toujours
Ces huit ans m’ont fait du bien.
Merci, 6371, rue Drolet.
1 juillet 2008 à 11:22
La prochaine fois que j’ferai visiter Montréal à des français, je passerai devant ton ancienne maison de la même façon qu’eux me présentais la maison de Gainsbourg lors de mes voyages à Paris. ;)
1 juillet 2008 à 13:06
Que ton nouveau chez-toi te soit aussi prolifique.
Bon, je retourne dans me boites, moi…
1 juillet 2008 à 19:36
Et combien d’éléments de cette liste d’il y a huit ans sont encore véridiques, à cette heure?
Plus aucun, j’imagine.
Bon mal de dos à déménager du stock.
2 juillet 2008 à 12:35
Combien d’entre nous avons débuté une carrière en pensant y être destiné... combien d’entre vous êtes encore dans cette carrière en sachant très bien que vous y êtes malheureux…
Si je me fie à ce que t’écris, aujourd’hui t’es un homme, bien dans sa peau, qui s’est trouvé en devenant auteur. Qui sait regarder quelqu’un dans les yeux sans trembler, qui sait prendre des risques et en assumer les conséquences… bref, un homme…
J’espère que ton nouveau logis t’apporteras encore plus de beau moments, comme d’autres romans, des bonnes saisons de hockey, des enfants, de l’amour et un paquet d’autres niaiseries….
Une page de tournée, un chapitre de fini, on en commence un autre et la vie continue…
;)
2 juillet 2008 à 13:26
je te souhaite beaucoup, beaucoup de soleil dans tes fenêtres.
2 juillet 2008 à 19:20
Ta nouvelle sonnette sonnera, ton nouveau chez toi ne sera peut-être pas TOI. Pour le moment, les murs n’auront pas d’histoires, mais par ton vécu et tes expériences, tu sauras y peindre parfois du blanc, parfois du noir… Quelques tableaux seront peut-être accrochés ou quelques nouvelles photos de couple, de famille, peut-être même d’un nouveau bébé ? L’avenir sait peut-être ce qu’elle te prédit, vas-y, ferme les yeux et CONSTRUIS… De nouveaux souvenirs tous frais, des tonnes de mots jolis enfilés ensemble, ça, ça te plairait ? Tu écriras de merveilleux bouquins dans ton nouveau décor, là où aussi, tu décideras surement de grandir encore et encore…
3 juillet 2008 à 1:12
En tous cas, moi ce que j’aime de ta nouvelle place, c’est que ton bureau communique avec le garage. Ça me semble parfait.
3 juillet 2008 à 23:28
(je lève mon verre) à tes 8 autres ! :D
4 juillet 2008 à 8:23
Que cette nouvelle place t’inspire encore plein d’histoire et que le toit ne coule pas.
C’est ce que je te souhaite. Pis je te souhaite d’y être heureux mais pas trop, puisque les meilleurs livres s’écrivent dans la douleur à ce qui parraît.
5 juillet 2008 à 1:47
Et tu sais résoudre le cube Rubik dans ta nouvelle maison?
8 juillet 2008 à 15:17
C’est niaiseux, ya un lien qui part de mon espace perso vers ton blog, mais j’y avais jamais vraiment mis les yeux quand même.
Je fais dur.
En tout cas. Moi aussi je dis merci au 6371, rue Drolet. Il m’a aidée à me retrouver un peu quand tes mots s’acharnaient à me faire perdre mon chemin.
Ma dernière phrase est louche. Mais je l’aime bien.
14 juillet 2008 à 22:34
Merci Matthieu et merci à ton appart. J’imagine la nostalgie d’ici.
Merci encore, pour le goût d’écrire. D’écrire encore plus.
Jo. 17 ans.
15 août 2008 à 20:50
Je viens de tomber sur ce billet par hasard… J’ai écrit presque la même chose avec le 4383 Berri l’année dernière (sauf pour la pub et le romain – dans mon cas, ce sont des dizaines de débuts de romans!;-). Un conseil (même plus d’un mois plus tard): évite de passer devant à la tombée de la nuit, quand tu pourras apercevoir des lumières que tu n’auras pas allumées… Ça fout un méchant coup de blues de voir que d’autres grandissent à leur tour chez soi.