Cette nuit
Je m’ennuyais de Mara, j’ai tapé mara dans l’iTunes, j’ai écouté Mara, et tu es revenue. Je t’ai dans la tête cette nuit, il y a des nuages, et on ne sait pas trop si le froid nous gèle ou s’il s’en va. Sur la terre ici, il vente et tout s’éternise. Il y a des trous dans la rue, les journées allongent, mais la nuit le temps passe toujours aussi lentement, les doigts sont toujours aussi engourdis et ta magie ma manque. Ça coule sous mon évier mais le toit tient bon. Les voisins ont pelleté l’escalier tout l’hiver et moi pas, mais ça tu le savais déjà. La boulangerie est fermée, il y a du carton dans les fenêtres, et toujours pas un chat chez le plombier en face. J’écris des tounes de ce temps-ci, et je travaille sur ma BD que personne ne verra jamais, et sur mille autres choses pour éviter de travailler sur les bonnes choses, mais ça aussi tu t’en doutes, hein? Il y a toujours cette vieille dame qui marche courbée à des heures pas possibles, avec ses deux sacs de plastique, mais le gros voisin n’est pas sorti de l’hiver, je m’inquiète un peu. L’air est sec, et la poussière est partout, c’est comme ça maintenant, poussière et poils de chat, t’as pas idée à quel point j’ai hâte de déménager. Je déménage dans deux mois, tu le savais je suis sûr que tu le savais, mais je me répète, c’est parce que l’âge, tu sais. Tu aurais aimé la neige, cet hiver, tu aurais fait des milliers de bonhommes tellement que tu aurais manqué de carottes. Tu te serais cassé la gueule sur la glace, mais tu aurais ri, parce que c’est ça que tu fais, rire, magnifique rire. Je vais bien, moi. Je suis paisible, tu sais cette paix que je cherche depuis toujours, je l’ai trouvée. Des fois ça fait peur, tu sais de quoi je parle, des fois ça fait peur mais une bonne peur, et l’été va être beau. Oui, l’été va être beau.
J’espère que de ton côté, tu es à la campagne en train de faire pousser du bonheur.