Ah comme le printemps a printempé
Je me suis levé d’un pied neutre, ne sachant rien de l’état du monde, de la température extérieure ou des courriels que j’aurais dans mon n’inbox. Après avoir bien frotté ma blépharite chronique, j’ai réveillé mon ordinateur d’une petite caresse sur la souris, ah la la comme je suis tendre, je sais. Le monde était dans un état toujours aussi louche, le soleil était merveilleusement chaud sur l’icône de Météomédia, et mes courriels étaient aussi nombreux que peu palpitants. La journée s’annonçait belle.
L’avantage d’être travailleur autonome, ou d’être en vacances depuis des années, ou d’être simplement paresseux, c’est qu’on peut, au lever, décider qu’on ne fera rien de productif, et qu’on va plutôt aller se promener. Ce que j’ai fait. J’ai enfilé mes plus beaux bermudas, mon t-shit «I bought Christopher Reeve’s wheelchair on eBay», et mes sandales qui datent des années 90, et je suis sorti. Le soleil était à la hauteur de ce que m’avait promis Météomédia, chaud et fort et plein de rayons. L’air était un peu frais, juste assez pour ne pas transpirer à torrents, juste assez pour que mes poumons se sentent en santé. Un vent doux flattait mes avant-bras et mes mollets, et je marchais lentement, tellement lentement, comme si chaque pas pouvait être mon dernier, de cette lenteur qui, seule, permet d’apprécier la douceur d’un printemps romantico-cool.
Je me suis arrêté sur le trottoir pour caresser le toutou de la voisine, qui promenait la voisine de poteau en poteau. C’était un matin paisible, plein d’une chaleur qui s’osmose depuis l’air jusqu’à la moëlle. J’avais faim. J’aurais pu aller au petit resto du coin, mais non. Il faisait trop beau, j’ai voulu aller loin, le plus loin possible, pour déjeuner. N’importe quelle excuse pour monter dans la voiture, baisser le toit, et me promener longtemps, doucement, les cheveux au vent et les coups de soleils plein le visage.
En traversant la rue pour me rendre à la voiture, ma jambe est restée coincée dans un banc de neige, et la souffleuse me l’a broyée.
Maintenant, il ne me reste plus qu’une sandale.
C’est fâcheux.
14 mars 2008 à 14:05
Lors de ta prochaine sortie, prends garde à ce que le chien de ta voisine ne gruge pas trop longtemps sur ton bout d’os qui dépasse…
14 mars 2008 à 20:56
C’est fâcheux en effet.
15 mars 2008 à 12:22
Faut voir le bon côté des choses… Il te manque peut-être une sandale et la jambe pour la porter, mais tu n’as pas un bras de 1 mètres et demi de long.
16 mars 2008 à 18:55
Fâcheux, en effet, mais ça fait un beau petit texte.
17 mars 2008 à 9:13
Tu pourras dorénavant changer ton chandail pour “I survived the 2008 winterstorm”...
17 mars 2008 à 12:28
Bah… il te reste juste une sandale??? C’est pas bien grave parce qu’il ne te reste qu’un pied à chausser de toute manière…
J’espère juste que ton beau t-shirt n’est pas taché de sang…
;)
P.S: Maintenant le fauteil de Mr. Reeves ne sera plus juste une décoration…
19 mars 2008 à 13:28
Dis-toi qu’au moins, il t’en reste une. Faut voir ça positif! ;)