17 _ Essence
Pendant que d’autres magasinaient leur essence de coin de rue en coin de rue, à la recherche de la station-service qui offrait le litre un demi-sous de moins que les autres, Georges s’empressa de stationner sa voiture à la pompe la plus proche. Celle qui offrait le litre de super-top-sans-plomb-mais-plein-d’additifs à 35 sous de plus que la pompe à côté. Pas que Georges soit plus riche que d’autres. Seulement, il se disait que tant qu’à payer cher, autant payer encore plus cher, et se sentir obligé d’en profiter pleinement. Pas question, pour Georges, de rouler sans s’en rendre compte, par obligation, les yeux endormis et le cerveau enfumé. Ça, ça serait dépenser inutilement. Alors que Georges twistait son bouchon jusqu’à trois clics, il s’imagina la meilleure route à prendre. Celle avec le moins de voitures, le plus de courbes. 74,07$, disait l’écran orange de la pompe bleue. À ce prix-là, Georges n’avait pas le choix. Il fallait conduire comme un malade, s’amuser comme un enfant, imaginer sa voiture en manège, son reçu de pompe en billet de la Ronde. Georges enfila ses gants, démarra le moteur, et conduisit comme un câlisse de malade pendant des heures, le sourire aux lèvres.
14 septembre 2008 à 1:16
j’ai vraiment ri. Merci!
14 septembre 2008 à 6:29
Ça c’est jouir de la vie. Je lève mon café à Georges!
14 septembre 2008 à 12:05
Profites-en Georges. Profites-en. Bientôt, le “Thunderdome”.
14 septembre 2008 à 17:52
Il doit etre heureux de vivre lui :)!!
10 octobre 2008 à 0:38
Merde, c’est excellent ce texte! Il roule autant que Georges :)