Archive du mois de décembre 2008

00 _ Exploser

Lundi 15 décembre 2008

Internet va me tuer. Un jour, ma tête va exploser, physiquement exploser, des morceaux de cerveau vont se répandre partout dans mon bureau, sur l’écran de l’ordinateur, et ces morceaux-là vont eux-mêmes exploser, se répandre dans mon visage inerte. Internet va me tuer, parce qu’il m’empêche de faire ce que j’ai à faire, et que je n’y peux plus rien. J’ai perdu tout contrôle sur ma vie, sur mes gestes, sur mes pensées. This is your brain on Internet. Un jour, je vais ODer dans d’atroces convulsions, loin de tout, mort d’angoisse. Il y a beaucoup trop de choses à savoir, trop de choses à apprendre, pas assez de temps. Trop d’accès à tout, trop facilement, trop gratuitement, trop devant mes yeux. Je lisais sur le Dyatlov Pass Incident l’autre jour, au lieu d’écrire mon film, et j’ai compris. Il y a toujours eu trop de choses à apprendre, mais elles n’étaient pas toutes accessibles. J’acceptais de ne pas tout savoir. Maintenant, je ne peux pas, je ne peux rien ignorer, j’ai accès à tout ici, chez moi, dans ce bureau aux murs pas encore couverts de cerveau. Je dois tout savoir. Ça fait mal.

Internet va me tuer. Hard.

01 _ Un franc succès

Dimanche 7 décembre 2008

Il est 1h44, à quelques jours près. Les vingt derniers jours m’ont semblé durer des mois.

Mais j’ai réussi: 200 mots par jour pendant vingt jours, ici même devant vos yeux écarquillés et vos sourcils rasés (drôle d’idée, mais c’est votre décision, je ne juge pas). Exactement 200 mots, ça c’était le côté amusant de l’exercice. Vingt jours consécutifs, ça c’était le côté plus difficile. Mais dans la mesure où l’on change le sens du mot consécutifs, je pense qu’on peut qualifier l’aventure de franc succès. Je ne suis pas peu fier. Cela dit, il ne m’en faut pas beaucoup pour être fier. Vendredi, j’ai fait poser mes pneus d’hiver, et ça fait deux jours que j’en parle à tout le monde, la voix fébrile, le sourire aux lèvres, le torse bombé et le pain croûté.

C’était un bel exercice, ces textes, un exercice qui m’a permis exactement ce que je voulais qu’il me permette. Ça m’a permis de me sentir libre, de m’amuser, d’explorer, d’avoir des idées qui ne servent à rien, de créer sans pression, de jouer dans mon carré de sable.

Et surtout, ça m’a permis de savoir ce que je voulais faire quand je serai grand.