Archive du mois de août 2008

426?

Mercredi 13 août 2008

Je me suis levé pour aller aux toilettes, et je me suis dit, dans ma tête, «426», comme si c’était quelque chose que je devais retenir pour quand je reviendrais des toilettes. Sur le chemin des toilettes, je me suis répété 426 une vingtaine de fois à voix basse, sans vraiment y réfléchir. Dans la salle de bain, je me suis demandé ça voulait dire quoi. Aucune idée.

De retour à mon bureau, je n’ai trouvé aucune référence, aucun signe, aucune mention de 426.

Je suis perdu. Je ne comprends rien.

Pourquoi? Où? Qui?

Aucune idée.

Combien?

426.

Rire et mal de cœur

Mardi 5 août 2008

Des jokes sur Tim McLean. Malheureusement drôles, les jokes. Brillantes, subtiles, des qui font rire vraiment très fort, mais avec toute la douleur de la honte. Terriblement déplacées, et pourtant, j’ai ri, en sachant que je ne devais pas. Une chance que j’étais tout seul.

Si les gens qui postent dans /b/, sur 4chan, sont le «scum of the earth», comme on les qualifie souvent, je n’en suis pas très loin. Ils ont leur langage, leur fausse apathie, leur humour tordu. Ils perdent leur temps ensemble, sans se connaître. Ils rient de tout, de tous surtout. Rien ne les dégoûte, pas la moindre nausée, pas la moindre retenue. Aucun échange ne peut aller trop loin, aucun sujet ne peut les rendre mal à l’aise. Ils sont vulgaires, ils sont sans pitié, ils sont froidement assassins. Et pourtant, quand on prend le temps de fouiller un peu, de lire plus longtemps, de s’acclimater à leur univers, on se rend compte qu’ils sont loin d’être des caves insensibles. Ils sont pervers, mais brillants, tordus, mais subtils. Ce ne sont pas des enfants, pas des épais, comme plusieurs semblent penser. Je les aime bien.

Hier, ils ont débarqué sur la page Facebook à la mémoire de Tim McLean, et l’un d’eux a fait la joke la plus déchirante que j’ai lue de ma vie. Une blague tellement drôle que je me suis étouffé en la voyant, mais tellement inappropriée que mon propre rire m’a donné envie de vomir. J’ai honte de l’avoir trouvée bonne, tellement que je ne la répéterai pas ici.

Et c’est pour ça que je les aime. Parce que des fois, ça fait du bien d’être repoussé loin loin creux, de l’autre côté de ses propres limites. Des fois, ça fait du bien de perdre l’équilibre.