08 _ La fin du monde
Ce matin, mon yogourt goûtait les fraises. C’était un yogourt à la vanille. Mon jus d’oranges goûtait le pamplemousse. Dans le garage, la voiture avait changé de couleur. Et dehors, tout avait disparu.
Je n’avais jamais imaginé l’apocalypse aussi calme, aussi vide, aussi anonyme. Il devrait y avoir de la fumée, des morceaux de chair qui traînent, des ruines, du gris, de la musique triste. Mais non. Il n’y a rien. Pas de rue pas d’arbre pas de gens pas de trottoir pas de vie pas de mort pas de musique pas de maison. Sauf la mienne, au milieu de rien, qui flotte dans le vide, avec mon auto décolorée qui s’éloigne sans bruit, à l’endroit à l’envers et n’importe comment.
La fin du monde n’a rien de sexy. Elle n’est ni spectacle, ni douleur, ni peur. Elle n’est personne, n’a pas de visage. Elle ne parle pas, elle n’arrache rien. Ce matin, j’ai mangé un yogourt. J’ai bu un verre de jus d’oranges. Je suis allé dans le garage. Je suis sorti. Et il n’y avait rien.
Je n’ai pas ressenti grand-chose, ni de la peine ni de la rage. Que de l’ennui.
La fin du monde est plate.
2 octobre 2008 à 18:15
Toute une déception…
3 octobre 2008 à 23:46
Dis… ton talent a-t-il une chance d’être contagieux? Je me laisserais volontiers contaminer.
:O)