L’ambulance

Et quand une ambulance passe, je me demande toujours un peu si dedans, il n’y a pas quelqu’un que je connais. Une vague connaissance, idéalement, pas un ami. Juste quelqu’un que j’ai croisé un jour, qu’on m’a présenté et dont j’ai oublié le nom à mesure qu’on me le disait. Syllabe par syllabe, ça entre et ça sort, et on se sert la main qu’on ira laver le plus tôt possible. Dans l’ambulance, si c’est cette personne, je me sens important. Moi je connais le gars dans l’ambulance, moi. Pétage de bretelles. Cette sirène, il y a un peu de moi dedans. Le name-dropping d’inconnus, il n’y a que ça de vrai.

Et quand une ambulance passe, j’espère toujours qu’il y a quelqu’un dedans. Qu’elle porte quelqu’un à l’hôpital, pas qu’elle aille chercher quelqu’un quelque part. Je ne sais pas pourquoi. J’ai un problème avec le vide.

J’espère ne jamais rencontrer un trou noir.

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