Balconneries

(Je m’en câlisse pas pour vrai, mais je vais dire que) je m’en câlisse si tu aimes pas mon dernier livre. Ça me dérange pas vraiment qu’il t’ait déçu. Je m’y attendais. Bien sûr, j’aurais aimé qu’il te plaise davantage, que tu trippes, que tu veuilles le relire et le relire, t’avoir touchée, t’avoir remuée, que tu aies envie de le faire lire à tout ton monde. Mais si c’est pas le cas, c’est pas la fin du monde. Et tu peux le dire à tout le monde que tu l’as pas aimé, ça ne me dérange pas, c’est ce qui fait la beauté de notre monde. Et tu peux me le dire à moi, aussi, et je ne t’en voudrai pas une miette, ni une cenne, ni rien de quantité «une». Mais quand tu me dis, à moi, «la prochaine fois tu te forceras», ou «je te pardonne pour cette fois-ci, mais recommence plus», là je m’en câlisse pas. Là ça m’insulte. Là ça me blesse. Même si tu le dis avec le sourire, même si tu mets un point-virgule-trait-d’union-parenthèse-fermée, même si je sais que ce que tu veux dire, c’est que tu as aimé les autres et que tu as hâte au prochain, ça me fait chier pareil. Parce que moi, celui-là, c’est mon préféré, mon plus dur à moi, celui qui m’a vidé et qui m’a chaviré, moi, celui-là, il est moi, aussi simple que ça, il est moi. Il y a dedans ce livre tout ce que je voulais, tout ce que je veux encore, et toute ma tête et tous mes frissons de vie. Alors que tu l’aies pas aimé, oui, c’est un peu plate, mais ça arrive, c’est même normal. Mais si tu me dis de me forcer la prochaine fois, ou de ne pas recommencer, même si c’est une joke, même si c’est juste un clin d’œil, j’ai juste envie de t’envoyer chier, et de te dire que la prochaine fois, achète-le pas, parce que oui, je vais recommencer.

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C’est une de ces nuits comme ça, où les gens qui bloguent me semblent particulièrement caves. Où les blogs me font chier. Avant les blogs, j’avais pas cette réflexion aussi claire de mon besoin d’attention, ce miroir de mes gestes et de mes mots, ceux qui servent juste à ce qu’on sache que j’existe, à ce qu’on me dise que je suis beau et bon et drôle et que j’écris bien. Mais là, depuis les blogs, et de plus en plus, je vous vois tous faire ça, écrire pour vous faire voir, vous faire admirer, vous faire dire que vous êtes beaux bons et tout, et ça m’énerve, parce que je trouve tellement que vous avez l’air ridicules, et épais, et faibles, et ça me montre à quel point moi je suis, et j’ai toujours été, ridicule, épais et faible. Vous me faites chier avec votre petite quête d’attention à vous, parce que vous me mettez la mienne dans la face.

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J’aimais le temps où j’écrivais à la main et à la mine parce que j’avais pas encore payé 1500 $ pour mon Mac Classic avec un disque dur de 40 Mb. À la mine ça faisait des mots que les années effacent, que le temps efface. Maintenant, l’efface est soudaine. Soit que rien ne s’efface, ou que ça s’efface en une seconde, en un crash de machine, en un delete. Le temps ne joue plus de rôle tranquille et doux et lent. C’est d’valeur.

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Ma douce m’a montré Facebook vite vite hier. Je ne comprends pas pourquoi les gens veulent autant de faux gens dans leur vie. Mais je comprends le désir de perdre son temps. Trop bien. Il ne faut pas que j’aille là-dessus. Ce serait la fin.

J’ai vu vite vite que des gens que je connais étaient «amis» avec d’autres gens que je connais. Et je sais qu’ils ne se connaissent pas pour vrai. Ça me fait rire. C’est pas drôle, je sais, mais ça me fait rire, moi, bon.

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Mes downloads de porn avancent pas assez vite.

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Cet été j’écris pour les jeunes. Des livres pour les jeunes, que les plus vieux, les vieux comme moi et vous et les autres, pourront aussi lire, je crois, mais ne présumons de rien. Pour les jeunes, donc, les 14-18, mettons. C’est cool. J’aime vraiment beaucoup ça. Une autre maison d’édition, aussi, ça change, c’est intéressant. Sortie du premier épisode au printemps 2008, il paraît.

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En rétrospective, je n’aime pas ce que j’ai fait dans le dernier Urbania. Je ne me trouve ni drôle, ni cohérent, et beaucoup trop joke-oriented. Avec des jokes plus ou moins réussies, en plus. Si j’avais à le refaire, je ferais autre chose. Quelque chose de plus étoffé, de plus profond, avec une base de sérieux pour lancer les jokes comme il faut. Bref, c’est plutôt de la marde. Mais le reste du numéro est vraiment très chouette. Un numéro très travaillé, plein de belles choses toutes qualitées. Bien aimé le truc sur les bonnes sœurs. Et la nouvelle de chick lit à relais, pour l’exercice que ça représente, et pour la possibilité de voir les écarts de styles (et de talent, oserais-je dire?). Mais, euh, quelqu’un peut me dire si la faute à la fin est volontaire? Parce que si oui, j’la comprends pas.

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Bon, j’ai froid. Sumonbalcon, il fa frette. Et dans le dedans, il fait lourd et chaud. Ouvre les fenêtres, oui, je sais. Mais ai-je la force? Le courage? Les bras? L’envie? La motivation? Je ne crois pas. Il fait trop chaud pour faire des efforts physiques.

Et si, après, le froid entre, avec la transpiration de l’effort, c’est le tour de rein garanti prolongé.

D’la marde, je reste dans l’embrasure et je tourne sur moi-même.

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