Révélation
Vendredi 28 septembre 2007Pour quiconque en doutait encore: je suis un dieu.
(Ça c’est de l’autofiction, madame.)
Pour quiconque en doutait encore: je suis un dieu.
(Ça c’est de l’autofiction, madame.)
When the moon is a cold chiseled dagger sharp enough to draw blood from a stone. Ça vient d’une des tounes qui me transpercent le plus. Mais je ne sais pas pourquoi, alors ça ne sert à rien d’approfondir. C’était la pensée nocturne inutile numéro un. Un de un, probablement.
Écrire fait-il mal ? Oui, si avant de s’installer pour écrire, on s’est décâlissé l’épaule lors d’un match de ballon-balai.
J’écris donc dans la douleur, voyez comme je suis un héros. C’est d’ailleurs ce que je disais à la jeune fille en détresse qui venait d’être impliquée dans un accident d’automobile, couverte de sang et de charbons ardents, et qui me demandait de l’aide. «J’écris en ayant mal à l’épaule, tu trouves pas que j’en fais déjà assez», que je lui disais. Elle a vite compris, j’en suis sûr, puisqu’elle s’est endormie, sans doute apaisée par ma bravoure.
À une autre époque, j’aurais sans doute appelé le 911, mais là, avec ce forfait appels entrants illimités, je n’ose plus appeler personne, je préfère attendre qu’ils appellent. Somme toute, il est assez rare que le 911 nous appelle de lui-même. Ils ont d’autres chats sur la planche, j’imagine.
J’ai donc passé mon chemin, me demandant pourquoi je courais tant les lancements ces jours-ci. Je me suis dit que c’était sûrement parce qu’il y en avait plus ces jours-ci que d’habitude. Je suis superspicace. Trois en dix jours, Gaumont-Dompierre-Urbania, ça fait beaucoup pour moi qui préfère d’ordinaire les événements moins sociaux, du genre «rabais sur le trio MacPoulet».
J’ai faim.
J’ai 183 «amis» sur Facebook. Tous des gens à qui j’ai déjà parlé en vrai, moins trois ou quatre. C’est beaucoup trop.
Je peux ben avoir de la misère en société. Je suis la société.
Ça y est. J’ai mis une photo de madame nue comme fond d’écran de mon ordinateur à la maison. C’est drôle à tellement de niveaux.
Le niveau qui me fait le plus rire, c’est celui où tous les autres niveaux qui font que c’est drôle ne servent à rien, parce que y’a jamais personne d’autre que moi qui voit mon fond d’écran.
Les trips inexplicables, ceux qui n’apportent rien à personne, ni même à moi, sauf le plaisir absurde d’avoir du plaisir absurde sans raison autre que le plaisir (absurde). Les trips qui ne montrent rien, n’enseignent rien, n’aboutissent à rien. C’est pas de l’art, ni une forme d’expression quelconque. C’est juste n’importe quoi. Mon trip à moi, aujourd’hui et pour les jours à venir: cropper des photos n’importe comment. Watchez-moi ben.
Je serai Croprastinator.
Je suis en train de downloader Internet, au cas où ça soit fermé la prochaine fois que j’en aurai besoin. Parce que bon, si le besoin s’en faisait sentir et que par malheur, tout soit en 404, je ne sais pas ce que je ferais. L’autre jour j’étais en train de lire la définition d’un mot dans le dictionnaire (le vrai en papier, là), et juste en haut il y avait un mot que je n’avais jamais lu, et mon réflexe a été de me dire qu’il faudrait que j’aille voir sur Internet ce que ça voulait dire. J’ai eu honte mais ça n’a pas paru. D’autant plus qu’il n’y avait personne autour.
Et puis bon, sans le woïwaïwebbe, où c’est que je posterais des trucs sur mon blogue?
Dans le temps de l’époque passée d’avant, alors que les Zinternets étaient encore inconnus de tous sauf de l’armée, lorsque je voulais savoir quelque chose, je me disais «ouf, c’est beaucoup trop compliqué, je ne sais pas où chercher, la bibliothèque est fermée, ah la la je laisse tomber, et j’oublie tout». Maintenant, grâce à la magie de la touèle, quand je veux savoir quelque chose, je me dis «ouf, j’aurais juste à aller voir sur le Web, mais est-ce vraiment nécessaire, et puis l’ordinateur est éteint, et tiens, un biscuit, je vais laisser tomber». Et j’oublie tout.
Le Web a changé ma vie.
Je faisais vaguement du ménage en chantant allègrement Chocolate Rain quand je suis tombé sur ma collection de bâtons antisudorifiques. J’en ai plein, pour une raison scientifique inventée de toutes pièces par moi-même, et corroborée par rien pantoute. La raison est la suivante: puisque la sudation du t’sour de bras est une fonction naturelle, quand on met du stuff là pour pas suer, on fait chier notre corps. Et comme c’est pas naturel et que le corps est contrarié, il va tout faire pour s’habituer au stuff méchant, le combattre, et le vaincre. Sauf si tu changes constamment de marque et de saveur d’antisudorifique, auquel cas le corps ne peut pas s’habituer, parce que t’sais. Adieu gouttelettes inesthétiques
Bref, dans ma collection, il y a un bâton de Axe Dry dont la fragrance, je vous le donne en mille, est «Tsunami». Parce qu’évidemment, on veut tous que notre dessous de bras sente le cadavre thaïlandais.
J’étais en train d’écrire un quelque chose tout down, tout sombre, tout autodestructeur. Puis paf, ou pouf, comme ça, je me suis empli de paix, de cette paix que je cherche tellement depuis tellement longtemps, et que je trouve une minute de temps en temps. Ça fait du bien. J’ai tout effacé, parce que quand on efface les mots on efface les tourments (c’est pas vrai mais je préfère y croire). Et j’ai écrit ceci, pour rien, en fait, parce que quand on est gorgé de cette paix-là, on s’en fout un peu, des blogues et des phrases et des Facebooks et des Internets.