Si moi-même je comprenais quelque chose à ce que j’écris, je ne l’écrirais pas

Avec en plus, comme trame de fond, Johnny Cash qui chante I Hung my Head. Avec le chaud-froid dans mes veines, la fièvre de la grippe et les tremblements de tout le reste. Avec tout le pâle et le terne et le gris de tous les tons, même si elle ne sait pas en nommer un seul. Avec les questions sans réponses, ce silence envahissant, et les nuages qui baissent. Avec le film de cul qui passe à la télé, à mute pour ne pas la rater. Avec la chatte qui gratte la porte à s’en déchirer les griffes, tellement convaincue qu’il y a mieux que moi ailleurs. Avec les pelures de clémentines qui sèchent doucement sous mes yeux depuis trois jours.

J’étais dans le champ avec mes histoires de machine à voyager dans le temps et d’inventeur pas pressé. Ce qui fait inventer, c’est le besoin. Pas le plaisir, pas la curiosité, pas l’ingéniosité. Alors l’inventeur, s’il veut inventer une machine à voyager dans le temps, c’est parce qu’il a une raison profonde de revenir en arrière. C’est pas l’invention qui compte, c’est ce qu’elle fait. Une motivation, un besoin déchirant de retourner dans le passé, quelques jours quelques années. Rien à voir avec la nonchalance du gars qui peut se permettre de traîner parce qu’anyway, il va pouvoir revenir en arrière. Tout à voir avec le gars qui ne peut pas se permettre de traîner, parce qu’il doit revenir en arrière.

Les commentaires sont fermés.