Pâques sur la glace
Je vais jouer au bon petit blogueur moderne qui n’a pas grand-chose à dire mais qui croit qu’il doit absolument faire un post pour ne pas perdre l’attention dont il a tant besoin et qui, par conséquent, raconte sa vie plate de façon plate en faisant des fautes et en mélangeant les idées, le tout en espérant que des milliers de personnes vont le lire et lui dire dans les commentaires qu’il est don’ intéressant et qu’il écrit don’ bien.
Vous aurez remarqué que je n’aime pas vraiment parler de mon quotidien. C’est parce que je ne suis pas assez un personnage, et trop une personne qui existe.
Mais là je fais une exception. Je vous raconte ma fin de semaine à Québec et ma participation au Championnat provincial de ballon sur glace, mais ne cliquez pas sur le lien, le site est un peu, disons, années 90.
Ma fin de semaine a commencé vendredi, ce qui, déjà, était pas trop pire. Comme vous le savez ou l’ignorez, dépendant de si vous le savez ou non, un rien m’angoisse. (Par exemple, j’angoisse à l’idée que mon livreur de St-Hubert sache que je surveille son arrivée par la fenêtre (ma sonnette ne fonctionne pas), alors quand il arrive, je laisse les lumières fermées pour pas qu’il me voie, et quand je le vois appuyer sur la sonnette qui ne fonctionne pas plus que deux lignes plus haut, j’attends un peu, puis j’allume les lumière et je vais répondre.) Donc, j’ai passé mon vendredi après-midi à angoisser pour plein de raisons ridicules, la première étant que je n’avais pas de bas propres, la seconde, que je ne savais pas si je pouvais mettre mes souliers avec les semelles trouées, parce que la météo était incertaine, et la 42e, que je ne savais pas quand partir parce que je ne connaissais pas encore mon horaire pour le tournoi et que je n’avais pas de point de rendez-vous avec mes coéquipiers, qui n’étaient pas mes coéquipiers habituels. (D’habitude, je joue pour le Blitz. Là je jouais pour les Kaméléons, qui avaient le net avantage, cette fin de semaine, d’être inscrits au tournoi.) Après avoir ajouté une pinte d’huile dans mon moteur, quelques livres de pression dans mon pneu arrière gauche et quelques bananes dans un sac en plastique sur le siège du passager, je suis parti, vers 15h. À 16h15, j’étais pogné dans le tunnel.
Je suis arrivé au stand d’accréditation des joueurs, à Neufchâtel (aucune idée c’est où, même après y être allé), à 18h pile. Là, j’ai appris que ma première game était à 1h du matin, ce qui est une belle heure pour jouer devant absolument aucun spectateur. Je suis donc allé faire un tour chez mon amie Bulle (c’est pas un surnom), qui me logeait pour le week-end, histoire de planifier un peu nos horaires, parce qu’on voulait quand même avoir quelques minutes pour jaser à’manné. La fatigante m’a parlé pendant une heure d’un projet dont elle ne veut pas me parler. (Encore aujourd’hui, j’ai aucune idée de quoi il s’agit. Pour moi elle veut devenir serveuse sexy pis elle a peur que j’aille la voir à la job. Ou bien elle veut inventer une voiture pour les nains et elle a peur que je lui mette des cure-dents dans les roues.) Elle m’a donc laissé sur ma faim (mais c’pas grave, j’avais des bananes), et je suis parti à l’aréna, parce que j’avais des amis qui jouaient à 20h et à 21h. Je les ai regardés jouer en cognant des clous, puis je suis allé dormir quelques minutes dans la voiture, en me réveillant en sursaut à chaque quatre secondes, parce que j’étais certain que je passerais tout droit.
À 1h, on a sauté sur la glace, pour une partie endiablée contre les Guépards, des vieux crisse de fatigants de Cabano, une ville du Témiscouata située juste à côté de New York (sur une grosse carte du monde). On a perdu, mais j’ai bien joué, et dès cette game, je savais que j’aurais vraiment du fun dans ce tournoi-là, que j’aurais beaucoup de temps de glace et que les gars m’acceptaient bien dans leur équipe. C’est important de se sentir accepté. Oui oui.
Je suis arrivé chez Bulle vers 4h du matin, les yeux grand ouverts, parce qu’après le sport, aucune chance que je m’endorme. Sauf que je voulais pas la réveiller, la pauvre, alors je me suis installé sur le sofa qui devait me servir de lit, et j’ai regardé dans le vide pendant deux heures avant de m’endormir. On dira ce qu’on voudra, le vide, c’est pas nécessairement intéressant. La preuve :
Voyez que c’est pas intéressant.
À je ne sais pas quelle heure, je me suis fait réveiller, après quelques minutes, il me semble, de sommeil. Déjeuner rapide, puis mini-ride de char jusqu’à Sainte-Foy pour notre deuxième partie. Victoire en deuxième prolongation, contre un bon club, parfait pour la confiance. Prochaine partie : 19h. Je suis donc allé manger au Pacini de Sainte-Foy dans l’après-midi, mais je n’ai pas osé aller au bar à pain, parce que j’étais seul dans le resto et que juste à côté du bar à pain, les serveuses jasaient à une table. (Entre elles, assises à une table. Elles ne jasaient pas réellement à la table.) Puis, retour à Neufchatel pour voir quelques matchs de mes amis, puis retour à Sainte-Foy pour notre troisième partie, contre le Hammer. On les a martelés 3-1. Encore une fois, j’ai très bien joué, encore une fois, mon partner de trio acadien et moi on a fait de la magie. Si bien que je me souviens, le soir après la game, avoir dit à un des gars que je pensais bien que j’étais en train de jouer le meilleur ballon de ma vie. Ce qui est, pour un joueur de ballon, un beau feeling. Pour un joueur de darts, c’est autre chose, je crois.
Retour chez Bulle vers 21 h, puis souper à la Piazetta (Piazzeta? Piazzetta? Piazeta? Peeatsetha?). C’était le seul p’tit bout de temps du week-end où on pouvait parler, alors c’est ce qu’on a fait. On a parlé. La bouche pleine, dans mon cas.
Dodo sur le sofa, lever à 7 h 30, demi-finale à 10 h à Vanier. C’était la game la plus importante du tournoi pour nous, celle qu’il fallait vraiment gagner. On a bien joué, c’était une partie très fermée, peu de chances de compter, frustrante pour un joueur comme moi, pendant laquelle je me suis fait détruire le gros orteil. J’en ai pas encore parlé, mais rendu là, je commençais à être physiquement fatigué. Mal au dos, jambes raides, bleus partout… Pas facile d’avoir mon âge. Encore moins facile d’avoir mon âge quand tu es vraiment plus vieux que moi.
On a perdu en deuxième prolongation. Shit. Un peu par ma faute, en plus, j’aurais pu compter une couple de fois, plus tôt dans la prolongation, et j’ai fait des erreurs de gars poche. On s’est donc retrouvés, quelques heures plus tard, à jouer le match pour la médaille de bronze, et malgré le fait qu’on ait presque réussi à se convaincre que ça nous tentait de nous forcer pour la gagner, on était juste pas là pour ce match-là, et on s’est fait planter, et le tournoi était fini. Overall, c’était un bon tournoi, avec beaucoup d’intensité, du bon jeu, des games serrées. On finit 4e sur 13 équipes. Pas pire. L’an prochain, s’ils me veulent encore, on fera mieux.
Pendant ce temps-là, dans une autre catégorie, mes chums gagnaient la médaille d’or, et un laisser-passer pour le championnat canadien l’an prochain à Winnipeg. C’est ce qu’on appelle doux-amer. Médaille d’or-Winnipeg.
Moi je suis revenu à Montréal en faisant un petit somme dans l’auto. C’est confortable un volant. Et puis là, maintenant, je suis racké, mais racké. Incapable de me lever sans grimacer comme, euh, comme quelqu’un qui grimace, là. Suis trop vieux pour ces folies.
Faque c’était ça ma fin de semaine.
Et avec tout ça, j’ai manqué le souper de Pâques familial. Ma maman et le p’tit Jésus seront pas content. Et j’ai pas mangé de jambon, alors je vais pogner la gratelle. C’est à Pâques, ça, le jambon pis la gratelle ? Ou c’est à l’action de grâce ? J’suis mélangé. Besoin de repos. Bonne nuit.
18 avril 2006 à 8:57
T’est don’ intéressant, t’écrit don’ bien.
18 avril 2006 à 12:28
ma mère disait que si on mangeait pas de buns de paques…ceux avec la croix dessus nous allions pogné la galle…vieille légende. alors Matthieu cela doit etre pareil pour le jambon j’imagine :o)
18 avril 2006 à 14:15
Aye!
Quand je lis ton blog, c’est pas pour y voir mon nom!
mais, c’était l’fun de te voir!
pas besoin de répondre pour la médaille, j’ai eu ma réponse!
mais, pour l’autre affaire oui, t’as besoin de répondre!
18 avril 2006 à 14:34
Bon, tu vas finir par comprendre mon p’tit (vieux) Matt adoré : après (et avant) des games de ballounes, il faut s’étirer… surtout pour un provincial à trois millions de parties :-)
...mange des Rockets… ça replace toujours le « rackage »...
18 avril 2006 à 18:09
comment t’as fait pour te passer du bar à pain au Pacini? moi je pensais que c’était la seule raison pour laquelle on mangeait là
18 avril 2006 à 18:14
La différence entre toi et un bloggeur moderne comme tu le décris si bien, c’est que toi, au moins, on aime te lire même quand tu n’as rien à dire :)
J’adore Québec!! J’y suis aussi allée en fin de semaine et à chaque fois, je tombe (sans me blesser) en amour avec la Vieille Capitale.
Pour terminer, je vais y aller dans le même sens que Roxy Baby, mais je vais plutôt te conseiller de manger des bonbons aux fruits.
Maintenant, tu aurais besoin d’un massage. Regarde dans les annonces classées… ;)
PS: Tu veux du jambon de Pâques? Je peux t’en poster ou aller en déposer sur ton perron!
19 avril 2006 à 16:08
Cabano! yessssir
et un bon bain chaud!
21 avril 2006 à 10:56
Nous on aime te lire même quand c’est des niaisieries, comme tu dis. On aime ça, en savoir plus sur toi. Même quand c’est pas vrai :)
Vanille
24 avril 2006 à 6:19
Patrick: t’es don’ fin… Je vais te linker. Euh, oups, c’est déjà fait. (pas facile d’être un bon petit blogueur moderne.)
Chantal: j’ai pas encore la gratelle. Je me croise les doigts. (C’est risqué, si ça se met à me piquer, ça va être dur de me gratter avec les doigts croisés.)
Bulle: Nanana. Tu peux pu rien me dire sans être certaine que je parlerai pas de toi. (Mais non, voyons. Je demeure discret…)
Rox: Je l’sais, mais c’est pour les faibles, ça, s’étirer… ;-)
Annie: Je sais, je n’étais pas moi-même la fin de semaine passée. J’ai le goût d’y retourner, au Pacini, juste pour le bar à pain, pour me venger.
Ness: Je fais un test, pour le jambon. Si je passe l’année sans pogner la gratelle, je vais être libéré de cette foutue tradition pour le reste de l’éternité. J’aime pas trop le jambon.
Enaira: Cabano et un bon bain chaud ? C’est le titre d’une chanson de Jo Bocan ?
Vanille: Surtout quand c’est pas vrai, je dirais… Par expérience…
22 juillet 2006 à 22:13
Bulle…
Bulle Coralie B. (gardons un peu l’anonymat, quand même…)??
Je sais que je suis en retard, mais je ne peux pas m’empêcher!
22 juillet 2006 à 23:18
Elle-même en personne.