Ma journée – 2

Je me suis fait réveiller par mon bras qui avait des fourmis dans les jambes. Ça picotait. C’est à cause de tout mon poids inimaginablement incalculable qui reposait dessus comme le ciel sur le monde qui tire à sa fin. J’ai mangé mes céréales avec mon autre bras, ça faisait changement. Après avoir rincé le bol dans l’évier, je suis retourné me coucher, parce que je savais bien que mes draps s’ennuyaient déjà. J’ai dormi jusqu’à l’après-midi, j’aurai voulu plus, toujours plus — je suis un winner — mais c’était impossible, parce que les enfants dehors chantaient l’hymne national italien d’une voix atrocement enthousiaste. Apparemment, l’hymne national italien dure quatre heures. Je me suis levé d’un pied ferme (le bon) avec l’intention tout aussi ferme de ne rien faire du tout, en attendant de faire quelque chose, plus tard ce soir, quand viendrait le temps d’avancer un peu, mais vers où ? Le téléphone m’a dérangé en plein quand j’étais au milieu de mon plan. J’ai laissé sonner un coup de plus, parce qu’il faut toujours que je décroche au milieu d’une sonnerie, pas entre deux, et c’était une gentille dame qui voulait me sonder l’opinion sur différentes marques de bière, et est-ce que j’ai deux minutes. Deux ? j’ai demandé. Oui !, elle a dit. C’est court, j’ai dit. J’en ai pour cinq minutes, qu’elle a ajouté. Elle m’a posé une quinzaine de questions toutes plus interrogatives les unes que les autres, et moi j’ai répondu comme un seul homme, en essayant de l’impressionner. Il y a maintenant quelqu’un, quelque part dans une maison de sondages maison, qui pense que je bois deux caisses de 24 par jour. J’espère que ça l’impressionne. Quand on a raccroché, la dame et moi, j’étais satisfait de pouvoir revaquer à mes inoccupations quotidiennes. J’ai visité quelques sites Web, en me répétant qu’il ne fallait pas croire tout ce qu’on y lit, jusqu’à ce que j’apprenne que la grippe aviaire ferait des milliards de victimes d’ici les trois prochaines minutes. C’était trop, trop vite, j’ai fermé l’ordinateur et suis allé m’acheter un masque à gaz, au cas. J’ai pris un modèle pas trop cher, parce que, me suis-je dit, il ne faut pas virer fou, quand même. Présentement, j’essaie de travailler, mais ce n’est pas évident avec un masque à gaz dans le visage.

6 commentaires pour “Ma journée – 2”

  1. Do dit :

    Merci de partager toute ces passionnantes journées avec nous :)

  2. Yves dit :

    Repose toi bien.

    Tu le mérites bien, j’en suis sûr, puisque les raisons que les autres se donnent pour farnienter en douce me prouvent, hors de tout doute raisonnable, que j’ai bien droit à un peu de repos moi aussi, finalement. Pourvu que les raisons que les autres se donnent pour ne rien faire ne m’obligent pas à faire quelque chose plus tôt que prévu (...) (...)

    Même que, exceptionnellement (je ne suis certain d’aucun ortographe parce que j’ai pas de correcteur pour le moment, c’est une nouvelle installation qui ne date que de quelques mois et j’ai pas encore eue la chance d’installer Word tellement c’est fatiguant d’essayer d’écrire sans fautes. Je ne dis jamais “sans faute”, parce que ça, ça fait vraiment peur!). Exceptionnellement donc, aujourd’hui, on devrait s’allouer un peu plus de temps pour récupérer parce que si l’hymne national italien dure des heures, image tous les Ô Canada qu’on entendra très très bientôt, et bien que ce ne fut au grand jamais le cas, j’ai quand même un peu peur que ça m’enpèche de dormir.

    Faut toujours prévoir ce genre d’en cas. Ça je peux le faire… tout de suite.

  3. Martin dit :

    En t k, si tu réponds à la porte avec ça dans face… Tu vas peut-être avoir la pizza gratis.

  4. lunette dit :

    Ah ben!!! ... la madame est toute heureuse d’être contente …. yeahhhh! ;-)

  5. Sofia dit :

    youhou

  6. Ednid dit :

    Peut-être que les millards de personnes qui allaient mourir, allaient mourir étouffer dans leurs masques à gaz, une tragédie de riches quoi. On sait jamais, un accident est si vite arrivé.

    Fais attention, à force de procrastiner, tu vas finir par mourir… Our time is running out.

Laisser un commentaire