Archive du mois de novembre 2006

Vrac

Mercredi 29 novembre 2006

Je pense que je n’ai jamais ramé dans une chaloupe. Pas que j’aie été souvent dans une chaloupe, mais chaque fois que j’ai été dans une chaloupe, c’est pas moi qui ramais. Ça émeut de s’en rendre compte.

Constatation : sur le Web, il y a beaucoup d’à-côtés du rack à bécycles dans la cour d’école à quatre heures.

— On va-tu manger une poutine tantôt ?
— Ouaip ! Quelle heure ?
— 18 h 30 ?

J’ai donc mangé une poutine. J’aime pas tellement ça la poutine. J’ai commandé une poutine juste parce que «on va-tu manger une poutine». Alors c’est comme si, dans ma tête, je n’avais pas le choix. Faut vraiment que je corrige ça, cette manie de prendre au pied de la lettre les niaiseries que je dis moi-même.

Moi là, quand Violaine écrit «(...) voici que ma lecture serait en retard de 446 posts. Quatsankarantsisse! C’est énorme.», ça me fait rire. Elle écrit bien, la torrieuse.

Je me souviens d’avoir ramé dans un canot, par contre, quand j’étais (beaucoup) plus jeune. Une chose de moins dans ma liste de choses à faire avant qu’il soit trop tard. Yes.

En mangeant des Nerds

Lundi 27 novembre 2006

En mangeant des Nerds moitié pêche moitié fruits sauvages qui ne goûtent ni l’un ni l’autre, je me suis dit qu’un peu de ménage dans mes fichiers ferait du bien. (Je suis très désorganisé, informatiquement parlant. J’ai un dossier «trucs perso», un «textes perso», un «trucs à moi», un «textes divers» et un «textes variés».)

En essayant de m’y retrouver, je suis tombé sur ceci. Possiblement l’échange MSN qui m’a le plus fait rire de toute l’histoire de mon humanité virtuelle. Je m’en souviens, je m’étais étouffé.

Moi : Ah la la. Où je vais, maintenant ?
Elle : Je t’attends dans le port d’Amsterdam. Attention, y’a des marins qui chantent les rêves qui les hantent. Les premières fois, ça surprend.
Moi : Alors j’arrive sur les berges mornes, je passe par dessus les marins qui dorment comme des oriflammes, et je te trouve où ?
Elle : Je suis près des femmes infidèles qui se sont fait pisser dessus.
Moi : Tu pleures ?
Elle : Non, je suis celle qui referme sa braguette et qui sort en rotant.
Moi : Stie que t’as pas de classe. Oh. Tu entends? L’accordéon vient d’expirer. Tout à coup.
Elle : TASSE-TOI! Ils vont ramener leur batave!
Moi : C’est correct. Je suis à l’ombre.
Elle : On devrait se reconnaître, comme ça.
Moi : Oui. À tantôt.

Vraiment ?

Jeudi 23 novembre 2006

Moi, les capsules de tetesaclaques.tv, je ne les trouve pas drôles. Il y en a trois qui m’ont fait sourire, et les autres, rien du tout. Je ne comprends donc rien à l’engouement qui les entoure, mais c’est normal, c’est le propre des engouements d’être déraisonnables. Le phénomène me fascine, c’est tout.

Parce qu’à mes yeux, il n’est que ça : un engouement. Rien de plus. Quelque chose de mince qui a frappé très très fort et très très vite, et qui commence déjà à s’estomper, si je me fie au bruit dans mon entourage, seulement 3-4 mois plus tard. Et c’est normal, c’est aussi le propre des engouements violents, de disparaître aussi vite qu’ils sont apparus (sauf quelques exceptions, quand la base est extrêmement solide).

Que les créateurs veuillent profiter du hype pendant qu’il passe, qu’ils veuillent casher sur ce géant succès, parfait. C’est normal, surtout pour des publicitaires. Mais quand je lis sur le site qu’il est question d’un DVD pour Noël 2007 et que j’entends parler d’autres projets importants, ça me dépasse. Quand je comprends qu’on veut faire de ce petit concept un peu éparpillé et somme toute répétitif quelque chose de grand et durable, je ne peux faire autrement que d’avoir l’image en tête de quelqu’un qui court les yeux fermés et le sourire béat vers un précipice. Aaaaaaaaaah. Pouf.

Ce sont, je trouve, de grosses grosses grosses ambitions pour un petit petit petit filon.

Vrac

Jeudi 23 novembre 2006

Cette année au Salon du livre, j’ai bu de l’eau et j’ai barbouillé des mots illisibles dans des livres, en écoutant Jacques Demers dire Joyeux Noël à ses lecteurs (chaque fois je faisais un saut; moi qui n’ai pas encore décoré mon sapin). J’ai dit merci plein de fois et j’ai dit je ne sais pas quelques fois, quand on me demandait où était quelqu’un d’autre. J’ai eu mal au dos comme j’ai toujours mal au dos et je me sentais comme un bébé sur ma chaise haute. Il a fait chaud et sec et j’ai marché sur trois pieds et j’ai donné un coup de coude à une vieille dame qui a failli tomber. J’ai échangé quelques mots avec Sébastien Chabot Patrick Dion Patrick Brisebois Daniel Rondeau Stéphane Dompierre Fanny Dominic Bastien Dany Daviel Ed et plein d’autres, dont un gars qui fait de la musique avec Vincent Vallières et qui avait l’air pressé. J’ai senti l’amour des lecteurs c’est gênant et l’indifférence de la foule c’est rassurant. J’ai tout remis en question cent fois je suis comme ça. J’ai signé mon nom trop de fois pour que ça ne m’impressionne pas. Et je suis allé me coucher.

Jacques Demers est chanceux. Quand quelqu’un s’approche de lui pour demander une dédicace, il épelle spontanément son prénom, toujours. Raymond, r-a-y-m-o-n-d. Maryse, m-a-r-y-s-e. Moi les gens s’approchent gênés et murmurent leur prénom vaguement sans me dire que c’est pas un i, c’est un y.

«C’est pour Mdghsbnnsc.» Moi je devine que c’est Madeleine, et si c’est pas ça j’ai l’air nono. «Pas Madeleine, Mélany.» Alors je biffe et j’écris Mélanie. «Avec un y pas de e».

C’est pas facyl.

Confession. Quand je suis près de Jacques Demers, je me sens toujours un peu coupable. C’est parce que dans Ça sent la coupe, page 15, mon personnage dit qu’il est moron.

(Je l’ai écrit avant de savoir qu’il ne savait pas lire (ce qui, dans ce cas-ci, est un mal pour un bien).)

(Je m’excuse Jacques.)

(Oui, c’est ça, un joyeux Noël à vous aussi.)

Pendant que j’y suis. Personne n’a remarqué, mais dans Ça sent la coupe, tous les personnages masculins portent le prénom de joueurs des Canadiens, et ont des caractéristiques personnelles associées aux caractéristiques de ces joueurs sur la glace. Or, je me suis rendu compte la semaine passée qu’il n’y a pas un de ces joueurs qui est encore avec l’équipe. Ribeiro, Théodore, Zednik, Brisebois, Langdon…

Bizarre.

Avant-hier, j’ai passé la journée à l’école secondaire du Chêne-Bleu. J’avais été invité à jaser avec les élèves — de mon métier, de mon parcours, de trucs relativement plates pour des adolescents, donc. Deux groupes le matin, deux groupes l’après-midi. Journée fatigante, un peu de monologue, beaucoup de questions, très bonnes questions souvent, des jeunes allumés, parfois trop («As-tu des complexes par rapport aux filles pour écrire des histoires comme ça ?»). Quand je suis monté dans mon auto à 16 h et que j’ai pu respirer un peu, j’étais vachement content d’y être allé. Belle journée. Merci.

Et ce qui est chouette, c’est que j’ai pu répéter quatre fois que je suis vraiment heureux d’avoir étudié le latin pendant quatre ans. Pour vrai.

Et, pour conclure, n’importe quoi : je suis allé m’acheter des vêtements la semaine passée (une première en trois ans), et je ne comprends rien à la mode. Pendant trois heures, je me suis demandé pourquoi les magasins avaient décidé de prendre le virage «mauvais goût» cette année.

Des dés

Mercredi 15 novembre 2006

Ah ben là. Je suis impressionné.

En attendant 18h30

Lundi 13 novembre 2006

En attendant 18h30. Un petit verre de ce Macallan donné par mon attachée de presse à mon lancement. Petit, le verre. Une pile de automobile-related factures sous les yeux. Moins petites, les factures. Pourquoi la touche F13 de mon clavier est-elle la plus sale? Et pourquoi, chaque fois, la pièce What if de Coldplay me donne-t-elle mal à la tête ?

Il y a dans mon agenda quelques deuzaines de choses à faire. Quatre ou six, toutes importantes autant que la suivante, toutes écrites en aussi noir, en aussi gras, c’est le plus dur, ne pas savoir ce qui est plus important. Puis il y a ces choses à dates précises, le Salon surtout, dès jeudi et j’ai des crayons tout neufs et cette année ça me stresse plus que l’an passé, c’est bizarre. L’an passé rien, je n’y avais pas pensé avant le jeudi soir, cinq minutes avant d’arriver. Là j’y pense depuis l’autre jour, peut-être avant, et hier j’ai regardé le cahier promo de la Presse, et on parlait de moi et je ne sais pas. Pourtant, j’aime ça, les salons. Martin mon éditeur me l’a rappelé l’autre jour, et il a raison, j’aime ça les salons. Ça ira, une fois rendu et assis et derrière une fausse-frontière ça ira.

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Quelques trucs qui traînent juste là, que je veux lire avant le salon pour pouvoir en parler aux auteurs en question, le Catéchèse de Brisebois et la Lune dans un HLM de Labrèche, mais je sais bien que je n’irai pas leur parler parce que j’aurai peur d’avoir l’air de vouloir leur parler.

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Le nez qui coule de ce temps-ci.

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Le téléphone qui sonne. Je ne réponds pas.

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Vendredi dans un magasin d’électronique, j’ai regardé les télés plates et les caméras et les ordinateurs et plein de choses que je ne voulais pas acheter, mais j’ai acheté un jeu de fusils pour le PlayStation, et depuis quand je dors je rêve que je suis dans l’armée. Et je suis chicken, je me sauve toujours en courant. J’ai hâte de rêver à autre chose.

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Hier soir je suis allé souper chez mes parents, et mon papa m’a demandé pourquoi j’avais fermé les commentaires ici, et ma réponse ne m’a pas satisfait, alors je les ouvre. L’autre jour, j’avais répondu plein de trucs intelligents et sensés et logiques à une amie qui m’avait demandé la même chose, alors je les avais gardés fermés. Maintenant que je n’ai plus de réponse qui se tient, je les ouvre. C’est comme ça.

Ce qui ne veut pas dire que ce que j’écris est particulièrement commentable.

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J’ai fait de l’équitation une fois, quand j’étais au primaire, j’ai une photo quelque part. Je n’avais pas aimé ça, jamais refait depuis. Trop gros, un cheval, trop gros et trop vivant. J’aime mieux ceux à la vapeur.

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En théorie, je m’en vais à Moscou en septembre prochain. J’ai hâte.

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Le travail autonome. Celui qui devrait se faire tout seul, donc.

Je ne comprends pas les gens qui sont capables de s’installer dans leur bureau chez eux, le matin à 9 h, et qui passent la journée à travailler comme s’ils avaient un employeur qui les checkait de temps en temps. Question de discipline, j’imagine, ce que je n’ai pas. Je préfère attendre d’être inspiré, ou forcer l’inspiration de temps en temps, mais pas méthodiquement. Un peu brouillon, c’est plus agréable. Je n’ai plus de jour ni de nuit, que des moments. Des moments de travail, des moments de sommeil, des moments de loisir et des moments de vide total passés à regarder dans le vide la bouche entrouverte les bras pendants les idées floues. Le tout, éparpillé n’importe comment n’importe quand.

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Christiane Charette et Deux filles le matin, il y a du monde qui écoute ça. Oui oui. Dans les deux cas, pendant l’entrevue, il a été question brièvement de mon site, mais l’adresse n’a jamais été donnée. Et pourtant, ces deux jours-là, j’ai eu deux fois plus de trafic que d’habitude.

Quatorze lecteurs au lieu de sept.

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«Je suis laid, je ne me lave pas souvent, j’ai les coudes rugueux, j’ai peur dans le noir et je vis dans un mini-entrepôt. Si vous cherchez un homme tendre, passionné et romantique, vous n’êtes pas à la bonne place.

Je recherche une top-modèle qui saura m’accepter comme je suis, qui saura me nourrir et me faire vivre, qui saura faire la vaisselle avant que ça sente mauvais dans l’évier, qui saura me combler physiquement et, à l’occasion, qui saura enlever la corne sous mes pieds pendant la Soirée du hockey.

Tu te reconnais ? Fais-moi signe…»

C’est la fiche que j’avais sur Réseau Contact il y a quelques années. Elle doit y être encore, je n’ai jamais pris le temps de l’enlever.

Désolé à toutes les deux filles qui m’ont écrit; j’aurais dû répondre, mais j’étais très occupé à m’en foutre profondément.

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Oh. Il est 18h30.

Mémoire

Mercredi 8 novembre 2006

C’est cool, la mémoire. Ça permet d’oublier, puis de se souvenir, et d’être plus content que si on n’avait jamais oublié.

Exemple. J’avais oublié l’existence de King Missile et de Arthur H. Je me suis souvenu de King Missile il y a quelques mois, et d’Arthur H hier. Vous pouvez pas imaginer ma joie. C’est comme si je les découvrais pour la première fois. Merci, mémoire (manque de, en fait).

J’avais autre chose à dire, aussi, mais je m’en souviens plus. J’ai assez hâte de m’en souvenir. Vous pouvez pas imaginer mon éventuelle joie.

Satisfaire ses visiteurs

Jeudi 2 novembre 2006

D’habitude, quand on frotte une lampe et qu’un génie en sort, il porte les pantalons de MC Hammer. Et des muscles. Torse nu. Les bras croisés. Sourire fendant. Trois vœux sur le bout de la langue.

Pas celui-ci.

Il faut dire que cette lampe-là, Jacques ne l’avait pas trouvée dans la traditionnelle vieille caverne poussiéreuse du Moyen-Orient, parmi de vieux trésors à la valeur inestimable. Il l’avait trouvée dans une vieille shop de moto poussiéreuse de l’est de la ville, parmi de vieilles pièces à la valeur estimée à douze dollars (pour l’ensemble). Il était à la recherche d’un démarreur en état vaguement potable, et ne trouvait pas : il faisait trop sombre, et trop poussiéreux. Comme dans une vieille caverne, mais en moins moyen-oriental.

Heureusement, il y avait, qui traînait là comme une traînerie, une petite lampe poche insignifiante. Quand Jacques s’en empara avec l’ambition de voir quelque chose quelque part (c’est un ambitieux), il ne put s’empêcher de la frotter un peu (la lampe, pas l’ambition). Au troisième frottement, un génie, toussotant comme un démarreur vaguement potable, apparut. Il était tout maigre, et portait un habit vert et blanc paddé de partout, des bottes en plastique, un casque et de la bouette dans la face.

— Je suis le génie de la Lampe Motocross, dit-il beaucoup trop solennellement pour l’ampleur de son propos.
— Oki, répondit Jacques, impressionné mais pas tant que ça.
— Trois vœux pour ta moto, mon homme.
— Euh… J’aimerais ça avoir un démarreur qui marche.
— Done.
— Pis… euh… un changement d’huile…
— Done.
— Pis… ben… ça fait longtemps que mes carburateurs ont pas été ajustés.
— Done.

Et le génie disparut dans la lampe, laissant Jacques plutôt satisfait des économies qu’il venait de réaliser.

(Ça, c’est simplement pour satisfaire la personne qui est arrivée sur mon site en cherchant dans Google « lampe motocross ».)