Sur la croix

14 décembre 2009

Ça fait un estie de bail. Presque une cession, tiens. Et c’est même pas que je procrastine, même pas que je me dis qu’il faudrait bien qu’un jour. Juste un vide d’intérêt. Les blogues c’est mort, autant que Facebook descend, autant qu’un jour il faudra que certains comprennent qu’il n’y a pas que les réseaux sociaux dans l’univers et que 2.0 ça veut rien dire. Mais c’est une autre histoire. Là, maintenant, il y a ces touches que j’enfonce comme on pète un bouton, en pinçant, en grimaçant, mais avec le bonheur caché honteux d’aimer ça. Là, maintenant, il y a la resurrection d’un blogue qui remourra demain, joyeuses Pâques sur la croix. Je me remets à écrire, tant pis pour les gens. Je me remets à écrire, ferme tout le reste sauf la vraie vie. J’écris ici pour dire que je n’écrirai pas ici. Ce n’est pas la première fois, je mettrais bien un hyperlien mais pas tant que ça. Et puis les hyperliens, c’est tellement pas 2.0. À vous de le mettre, user-generated content, ciboire, faites-moi un vidéo où vous me chantez mon hyperlien, youtubez-le et embeddez-le dans les commentaires ici, UGC FTW. Deux point zéro de mes deux, et ses supervedettes déjà has-been, si jeunes et déjà si vieux, qui radottent les mêmes niaiseries, convaincus qu’ils ont raison, à des gens qui s’en foutent. Les ornières titanesques, le grand corridor des réseaux sociaux, et le noir tout autour. Qui n’ont qu’un marteau dans leur coffre à outil.

Qui pensent construire de grandes bâtisses, qui bâtissent de grandes bêtises.

Un petit bonjour…

19 septembre 2009

... à ceux qui m’ont dans leur fil RSS. Bonjour là.

Des chiffres

29 avril 2009

Il y a deux semaines, c’était le cinquième anniversaire de la parution d’Échecs amoureux et autres niaiseries.

Cinq ans.
Quatre romans.
Treize épisodes d’une série jeunesse pour adultes.
Cinq versions dialoguées d’un scénario de long métrage.
Trois projets de série télévisée.
Quatre-vingt-cinq chroniques pour le Journal de Montréal.
Huit textes pour Urbania.
Dix-sept textes pour les Auteurs du dimanche.
Deux posts pour le Sportnographe.
Une douzaine de textes pour diverses revues.
Deux lettres pour le coffret des Impatients.
Une chronique et demie à Flash.
Cinq blogues.
Cinq cent trente posts de blogue.
Quatre-vingt-sept photos de petits objets.
Deux ans d’une job à temps plein.
Et une souris verte. Ça se salit vite, ces souris Mac.

Il faut vraiment que je réévalue la pertinence du nom de ce blogue.

Indécence

16 mars 2009

Qu’à Tout le monde en parle, on coince le ministre du Patrimoine avec un quiz sur des personnages «culturels», c’est mesquin, gratuit, inutile. Que RDI, dans son bulletin de nouvelles, repasse au complet l’extrait de Tout le monde en parle, comme si c’était de la nouvelle, c’est carrément indécent. Du calibre du bulletin de TVA pendant lequel on avait reçu comme invitée une participante au Banquier (TVA avait été blâmée par le CRTC à cette occasion).

Le petit stunt de Tout le monde en parle, c’est de la manipulation de l’opinion publique. Ça fait croire au monde que ce qui est primordial pour un ministre du Patrimoine, c’est de connaître des éléments de culture et rien d’autre. Ça crée un scandale avec rien. Oui, c’est déplorable que le ministre n’ait pas pu identifier Atom Egoyan et Robert Lepage (Jean-René Dufort, on s’en fout). Mais ce n’est pas dramatique. Ce qu’il faut savoir, et c’est ce que le public, aveuglé par Guy A, semble oublier, c’est qu’un ministre, c’est un administrateur, un gestionnaire. Je préfère de loin un ministre qui soit un excellent gestionnaire pas trop cultivé qu’un ministre qui soit un homme très cultivé mais qui ne sait pas gérer. Je ne dis pas que Moore est un excellent gestionnaire (je ne sais pas), mais je dis que c’est honteux de le coincer sur autre chose que ça. Et je suis triste de voir que les gens embarquent, et crient au scandale, sans perspective.

Un exemple, pour le fun de la mise en perspective : Si je donne dix cas médicaux au ministre de la Santé, et qu’il n’en diagnostique que trois correctement, allez-vous crier au scandale? Ce n’est pas sa job de connaître la médecine de fond en comble. Sa job, c’est d’administrer le réseau. C’est la même chose avec le ministre du Patrimoine. Ce n’est pas sa job de connaître tous les acteurs culturels du pays (même si oui, ça serait cool qu’il en connaisse davantage). Sa job, c’est d’administrer le réseau patrimonial canadien.

Encore une fois, je ne juge pas de la qualité du ministre en question. Il est peut-être pourri, comme Ministre. Mais s’il est pourri, ce n’est certainement pas parce qu’il ne connaît pas Félix Leclerc.

Donc, oui, le quiz, c’était épais. C’était se servir tout croche du privilège des ondes, c’était manipuler le public de façon grossière. Et que RDI reprenne l’extrait comme si c’était une nouvelle, c’est encore pire.

Je ne suis pas de bonne humeur.

00 _ Exploser

15 décembre 2008

Internet va me tuer. Un jour, ma tête va exploser, physiquement exploser, des morceaux de cerveau vont se répandre partout dans mon bureau, sur l’écran de l’ordinateur, et ces morceaux-là vont eux-mêmes exploser, se répandre dans mon visage inerte. Internet va me tuer, parce qu’il m’empêche de faire ce que j’ai à faire, et que je n’y peux plus rien. J’ai perdu tout contrôle sur ma vie, sur mes gestes, sur mes pensées. This is your brain on Internet. Un jour, je vais ODer dans d’atroces convulsions, loin de tout, mort d’angoisse. Il y a beaucoup trop de choses à savoir, trop de choses à apprendre, pas assez de temps. Trop d’accès à tout, trop facilement, trop gratuitement, trop devant mes yeux. Je lisais sur le Dyatlov Pass Incident l’autre jour, au lieu d’écrire mon film, et j’ai compris. Il y a toujours eu trop de choses à apprendre, mais elles n’étaient pas toutes accessibles. J’acceptais de ne pas tout savoir. Maintenant, je ne peux pas, je ne peux rien ignorer, j’ai accès à tout ici, chez moi, dans ce bureau aux murs pas encore couverts de cerveau. Je dois tout savoir. Ça fait mal.

Internet va me tuer. Hard.

01 _ Un franc succès

7 décembre 2008

Il est 1h44, à quelques jours près. Les vingt derniers jours m’ont semblé durer des mois.

Mais j’ai réussi: 200 mots par jour pendant vingt jours, ici même devant vos yeux écarquillés et vos sourcils rasés (drôle d’idée, mais c’est votre décision, je ne juge pas). Exactement 200 mots, ça c’était le côté amusant de l’exercice. Vingt jours consécutifs, ça c’était le côté plus difficile. Mais dans la mesure où l’on change le sens du mot consécutifs, je pense qu’on peut qualifier l’aventure de franc succès. Je ne suis pas peu fier. Cela dit, il ne m’en faut pas beaucoup pour être fier. Vendredi, j’ai fait poser mes pneus d’hiver, et ça fait deux jours que j’en parle à tout le monde, la voix fébrile, le sourire aux lèvres, le torse bombé et le pain croûté.

C’était un bel exercice, ces textes, un exercice qui m’a permis exactement ce que je voulais qu’il me permette. Ça m’a permis de me sentir libre, de m’amuser, d’explorer, d’avoir des idées qui ne servent à rien, de créer sans pression, de jouer dans mon carré de sable.

Et surtout, ça m’a permis de savoir ce que je voulais faire quand je serai grand.

02 _ Six jours plus tard

25 novembre 2008

Il y a eu ce gars qui m’a demandé un orthographe, cette caissière qui ne voulait pas vendre mes livres et les changeait pour d’autres, ces chasseurs de signets sauvages qui ne remerciaient personne, cet homme dans la cinquantaine qui ne savait pas ce qu’était un film pornographique, cette sécheresse poussiéreuse, ces prénoms qu’on a dû m’épeler lettre par lettre (dites-moi, qui prénomme sa fille Sunny-Kay?), ces personnes qui me demandaient l’emplacement du stand 411 ou l’horaire de Bryan Perro, ces gens qui voulaient que je dédicace un livre écrit par un autre, ces parents qui commençaient à lire le titre de mon premier épisode à voix très haute et qui, au milieu du mot «pornstars», baissaient terriblement le ton et s’en allaient, cet article dans le Journal de Montréal qui parlait de Mathieu Sicard, cette incapacité à décrire Pavel en moins de 10 minutes, cette personne dont j’ignorais si elle était un gars ou une fille et qui a eu le malheur de s’appeler Gabriel (ou Gabrielle), cette éditrice qui m’a embrassé en me disant «Salut Steve!». C’est pour ça que j’adore les salons du livre. Ces choses-là ne s’inventent pas. Et ces choses-là n’arrivent pas dans mon bureau.

03 _ Un peu peur

4 novembre 2008

Si j’avais à écrire une phrase faisant la promotion de la langue française, et que je savais que cette phrase allait se retrouver sur d’énormes panneaux, je pense que je ferais attention. Je m’arrangerais pour qu’il n’y ait pas de faute. Pour qu’il n’y ait même pas la possibilité d’un petit doute. Pour que personne ne puisse soulever le fait que, techniquement, il y a un problème de ponctuation. Je m’arrangerais pour que, si quelqu’un veut chialer, je puisse lui mettre la règle dans la face, et qu’il ferme sa gueule. Pas l’inverse. Parce que si je faisais l’inverse, si je déviais de la règle un peu, pour que ça coule mieux, et qu’on se plaignait, je serais pogné pour dire «oui mais t’sais, vu de tel angle, ça se peut». Si c’était moi qui avait à écrire cette phrase-là, cette phrase à imprimer sur un panneau pour dire que la langue française est belle, je me la jouerais Maurice Grevisse en ta’.

Mais ce n’est pas moi qui l’ai écrite, la phrase que je vois un peu partout quand je me promène en auto. La phrase à la virgule qui fait un peu mal.

Qui fait un peu peur.

04 _ Internet of Dreams

31 octobre 2008

Sachez-le.

Il y a quelques années, un coup de génie sur le Web arrivait une fois par mois, un peu plus fréquemment quand on était chanceux. Il suffisait de créer quelque chose d’unique, d’écœurant, et tout le monde accourait.

Ce n’est plus le cas. Il se publie aujourd’hui sur le Web des centaines de coups de génie par jour. Certains percent mieux que d’autres, mais le simple fait d’avoir une idée géniale ne garantit plus des hits, un succès renversant, la notoriété.

Dur de croire que des gens demandent encore une «campagne virale», veulent encore qu’on crée pour eux une vidéo conçue spécialement pour que tout le monde veuille l’inclure dans un email, puis insérer les adresses de ses connaissances, puis écrire un petit «checke ça man, c’est tordant», puis cliquer sur send. Trop d’efforts, tout ça, il faut que ça vaille vraiment la peine. Et ça vaut rarement la peine, même quand c’est bon. On veut tous faire un truc qui nous rendra rois du Web. Mais on a plus de chances de gagner au 6/49. Pour vrai.

Internet n’est plus le Field of Dreams qu’il était il y a 7 ans.

If you build it, they won’t come.

05 _ La genèse de Pavel

15 octobre 2008

C’était il y a deux ans, au Salon du livre de Montréal. J’étais en pleine séance de dédicaces, et elle n’avait pas voulu me déranger. Elle m’avait juste donné sa carte, en me disant qu’elle avait quelque chose à me proposer. Quelques jours plus tard, on avait déjeuné près de son bureau, et en deux morceaux de patates, j’étais convaincu. «Comme une série de télé à lire», avait-elle dit. «Treize épisodes, 6000 mots chacun», avait-elle dit. «À part ces restrictions-là, tu fais ce que tu veux». «Oui», avais-je répondu.

Depuis ce jour-là, on s’est échangé 384 emails, on s’est parlé au téléphone pendant environ 35 heures, en personne pas mal plus longtemps. Depuis ce jour-là, j’ai écrit, réécrit, désécrit, corrigé, raturé, douté, souri, gueulé. J’ai fait respirer Martin et ses angoisses, Anouk et ses déchirements, Pavel et ses mystères, et un paquet d’autres personnages.

Et maintenant, deux ans plus tard, je vous présente ma fierté : Pavel. Le premier épisode s’intitule Plus vivant que toutes les pornstars réunies, et il sera disponible en librairie et dans les Couche-Tard dès lundi prochain (mettons mardi, pour être sûr…). Les douze autres épisodes suivront à raison d’un par deux semaines, pendant six mois.

06 _ Fait vécu

5 octobre 2008

Ça se bécote dans la file d’attente. Une petite grassette beaucoup trop maquillée et un pas très grand intello maigrichon. Petit bec avec petit peu de langue, petite caresse, le parfait bonheur qui s’enbulle doucement en attendant que la file avance, que le guichet se rapproche. On est au cinéma, samedi soir, et il y a du monde en quantité qu’on peut qualifier de trop. Ils sont heureux, mais la file n’avance pas très vite. Ça les désenbulle un peu. Les sourires et les câlins font place à une légère frustration. Rien de trop grave, juste une petite distance nouvelle, un pouce arrière. Caresse discrète. Sourire léger. Cinq minutes passent. La fille s’impatiente derrière son maquillage. Les sourires disparaissent, le bécotage aussi. «Je peux pas croire qu’on est en train de rater Loft Story pour ça», dit-elle. Le gars ne bronche pas. Cinq autres minutes passent. Ils arrivent enfin au guichet. La fille semble maintenant excédée, pour une raison qui m’échappe. «Bon, c’est quoi ton film, là ?» demande-t-elle sur un ton qui effraierait Freddy. Son chum sourit brièvement. On le sent mal à l’aise. «Ce qu’il faut pour vivre», dit-il.

Dix piasses qu’en sortant du film, ils ont cassé.

07 _ Teaser

2 octobre 2008

Bon ben si c’est rendu qu’on tease tout plein, je vais teaser aussi. Voici: le 21 octobre. Aaaah. Vous êtes teasés, là. Oui oui, vous l’êtes.

Je ne peux rien vous dire de plus, mais retenez bien la date. Ou pas. Moi je la retiens, en tout cas, et sans même devoir l’inscrire à l’agenda que je n’ai pas. Il faut dire que je l’attends depuis presque deux ans, ce jour-là. Deux ans que j’ai passés à travailler là-dessus. Et ce n’est même pas terminé, il m’en reste encore un peu à faire. Alors vous imaginez bien que toute cette histoire de teaser et d’obligation au silence et de cachotteries me tord l’intérieur. Je suis impatient. J’ai envie d’en parler. J’ai envie que plein de monde sache. Je suis comme ça. Comme un enfant. Et je n’aime pas les petits trips aléatoires d’agences de pub. Je crois rarement aux teasers, à moins d’avoir des moyens bigantesques.

Mais bon, très bientôt je pense, la semaine prochaine peut-être, j’aurai le droit d’en parler plus en détail. Et je vous dirai tout, absolument tout, comme ça vous saurez. Et au bout du compte, ce qui compte vraiment, c’est ceci : le 21 octobre.

08 _ La fin du monde

2 octobre 2008

Ce matin, mon yogourt goûtait les fraises. C’était un yogourt à la vanille. Mon jus d’oranges goûtait le pamplemousse. Dans le garage, la voiture avait changé de couleur. Et dehors, tout avait disparu.

Je n’avais jamais imaginé l’apocalypse aussi calme, aussi vide, aussi anonyme. Il devrait y avoir de la fumée, des morceaux de chair qui traînent, des ruines, du gris, de la musique triste. Mais non. Il n’y a rien. Pas de rue pas d’arbre pas de gens pas de trottoir pas de vie pas de mort pas de musique pas de maison. Sauf la mienne, au milieu de rien, qui flotte dans le vide, avec mon auto décolorée qui s’éloigne sans bruit, à l’endroit à l’envers et n’importe comment.

La fin du monde n’a rien de sexy. Elle n’est ni spectacle, ni douleur, ni peur. Elle n’est personne, n’a pas de visage. Elle ne parle pas, elle n’arrache rien. Ce matin, j’ai mangé un yogourt. J’ai bu un verre de jus d’oranges. Je suis allé dans le garage. Je suis sorti. Et il n’y avait rien.

Je n’ai pas ressenti grand-chose, ni de la peine ni de la rage. Que de l’ennui.

La fin du monde est plate.

09 _ Copie

24 septembre 2008

Il filait mignon. Sourire coquin, barbe de quelques heures, et cette chemise qui avait déjà attiré le regard de deux délicieuses jeunes filles. Depuis l’incident du restaurant indien, deux ans plus tôt, il ne s’était jamais senti aussi séduisant qu’aujourd’hui. Même les enfants qui jouaient dans la flaque d’eau, lui sembla-t-il, avaient cessé de bouger pour mieux l’admirer. Et la dame qui marchait au son de ses propres talons, un parapluie à la main, avait réduit la cadence en passant près de lui. Il sentait bon. Il sentait beau. Mathilde allait être renversée, elle qui revenait à peine d’un voyage éprouvant en Asie, elle qui, lui avait-elle écrit, s’ennuyait profondément de lui. Elle retrouverait un jeune homme transformé, un jeune homme que la solitude des dernières semaines avait modelé en un demi-dieu aussi tendre que vibro-masseur. Il transpirait la confiance, à un point tel que l’hôtesse du café eut droit à un clin d’œil de sa part. Puis à un autre. Il tira une chaise sur le trottoir, y prit place. Le sourire aux lèvres, il attendit sa douce.

Quand Mathilde arriva enfin, avec une bonne demi-heure de retard, elle le regarda à peine. Une larme coulait sur sa joue.

10 _ Nicolas B.

21 septembre 2008

Ça a commencé un dimanche, évidemment. C’était le soir de ma troisième participation au cabaret des Auteurs du dimanche, il y a quelques années, quand c’était à l’Intrus. Mon premier livre venait de sortir, tu l’avais lu. Grand blond de même pas 18 ans, timide à mort, tu m’avais dit que tu aimais ce que je faisais. Ça m’avait touché. Le dimanche suivant, on s’était salués. Tu étais trop poli, trop bien élevé pour être de ta génération. Puis il y a la fois où, sans savoir que c’était toi, je t’avais écrit pour te féliciter d’un texte sur ton blogue, dans lequel tu vidais tes tripes. Je m’étais senti épais quand tu m’avais dévoilé ton identité. Puis il y a la fois du show à Juste pour rire, quand tu ne voulais tellement pas me déranger que tu n’as jamais osé venir me parler. La fois où tu m’as demandé d’être interviewé pour le travail d’école de ton amie. La fois où je t’ai dessiné un bonhomme-allumettes, au lancement de Llouis. Les quelques fois où on a jasé sur MSN.

Et il y a la fois où ta mère m’a écrit pour m’annoncer ton décès. Crisse de cancer.