Boules de Noël

Voici ma chronique sur ma soirée au Wanda’s, parue dans le Journal de Montréal du 16 décembre 2005.

Je suis allé aux danseuses. J’ai vu des madames toutes nues. J’ai pris quelques notes.

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Cette semaine j’ai une bronchite. C’était donc la première fois que j’allais aux danseuses en espérant que le spectacle ne soit pas à couper le souffle. C’est déjà assez dur comme ça. (Je parle de ma respiration, n’allez pas vous imaginer des choses.)

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Shauna. Angela. Natasha. Tous ces prénoms en a, c’est troublant.

Quand Rebecca est venue me voir pour jaser (jaser = essayer de me convaincre de la louer pour quelques tounes), elle m’a dit qu’elle s’appelait Rebecca. Moi j’ai dit que je m’appelait Xavier (ben quoi ?). J’en ai profité pour lui demander pourquoi toutes les filles se donnaient des noms de scène en a. Elle m’a dit que c’était plus sensuel. Ah. C’est vrai que je suis tout excité. Aaaah.

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Le gars saoul à côté de moi qui fait danser une fille à deux pouces de lui depuis deux heures a vraiment l’air de croire qu’il est en train de la séduire. Il doit également être convaincu que les Canadiens vont gagner la coupe cette année. Et que la paix dans le monde est imminente.

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Notre serveuse s’appelle Heather, et si je peux me permettre, je la trouve plus charmante, avec son petit accent anglais, que la majorité des effeuilleuses (fort jolies au demeurant). Si seulement elle ne vendait pas sa bière 7,50 $. (Au Wanda’s, y’a pas de danse contact. Faut bien que la crosse se passe ailleurs.)

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Mesdemoiselles qui songez à vous faire poser des seins en résine de synthèse (ou toute autre matière artificielle), prenez le temps d’aller magasiner au Wanda’s.

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Pendant qu’une demoiselle se dandine sur une version techno de California Dreaming, sans même faire d’effort pour suivre le beat, je me dis que les Grands Ballets Canadiens peuvent dormir en paix. Le club de danse sociale de Lanoraie aussi. Et tant qu’à y être, les joueurs de football qui se font aller dans la zone des buts après avoir marqué un touché aussi.

Moi qui m’attendais à une œuvre artistique magique. Ben non. Mais j’ai vu des boules, par contre.

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« And now, sur la scène 1, une performance unique de la sensuelle Ebola… Vous ne vous en remettrez pas. » Aaaah. (Et moi de tousser.)