Notes alcoolisées

Voici ma chronique sur ma soirée au La Tulipe, parue dans le Journal de Montréal du 7 octobre 2005.

Quand je suis rentré chez moi, à 3 h 30 du matin, la terre tournait beaucoup plus vite que d’habitude. Et pas dans le bon sens. Cette idée, aussi, de me pitcher dans les shooters alors que mes bières suffisaient amplement…

Donc, j’étais paqueté tout seul chez moi, après une soirée «Pop 80» magnifique au Cabaret La Tulipe. Dans mon salon, en plein milieu d’un triple boucle piqué involontaire, je me suis rappelé qu’il faudrait éventuellement que je vous raconte ma soirée, alors j’ai décidé de prendre des notes. J’ai allumé l’ordinateur, et j’ai tapé mes réflexions sur la soirée. Et maintenant, je les relis, et je n’ai aucune idée de ce que je voulais dire. Voyons voir.

«Core Hat quad je suisetré...»
Avec un peu d’imagination, on peut comprendre que quand j’ai mis les pieds dans la place, Corey Hart chantait. Si je me souviens bien, il racontait qu’il portait ses verres fumés la nuit. Ça m’a marqué, parce que grâce à ça, en une fraction de seconde, j’ai su que c’était mon genre de party. La musique des années 80, les vidéos d’époque projetés sur une toile au dessus de la piste de danse. Et ce concours tacite de celui qui crie le plus fort, le plus vite dès la première note d’une toune, pour montrer qu’il l’a reconnue… Délirant.

«énergides gens qui sdansnet, comm e s”ils n”étaient pa seux-mêmews..»
Hum. Je me souviens vaguement d’avoir observé une fille pendant deux chansons complètes. Elle dansait comme une démone en chandail rayé, possédée par le rythme, ou simplement débordante d’une énergie trop longtemps refoulée, camisole de force détachée, peut-être. Dès qu’elle a cessé de danser, elle est devenue une autre personne, calme, appaisée. Exorcisée, j’imagine.

«Moi jdase pa. ¨POstion staté.giquqe.»
C’est une réponse à la note précédente. Je crois. «Moi jdase pas», ça veut dire que moi, je ne danse pas. Et le reste, c’est pour dire qu’ à cause de ça, il faut que je prenne une position stratégique, pour avoir du fun, observer, m’imprégner de toute la bonne humeur, rire avec les centaines de beaux bonhommes et de belles bonnes femmes qui se trémoussent devant moi. Là j’avais la place idéale. En bordure de la piste de danse, accoté sur un mur, le coude sur un bar. Yes.

«JAsmnie mattaqque»
Hey. Je me rappelle de ça. C’était juste pour dire que Jasmine, vers 1 h 30 du matin, m’a attaqué. Elle m’a sauté dessus comme une matante au temps des fêtes. Et c’était la première fois que je la rencontrais. Étourdissante, la collègue.

Et voilà. C’est tout croche, mais ça vous donne une idée de la soirée que j’ai passée… Soirée pleine de tout, avec des milliards de millions de personnes, la chaleur humaine pour faire oublier l’automne, la musique de mon adolescence, les meilleurs amis au monde, et tous ces gens qui dansent comme des fous. Très belle soirée. Dommage que je ne m’en souvienne plus trop.

La prochaine fois je bois moins. Promis.