Mmm, belle étiquette…
Je suis un amateur de vin. Amateur comme dans «pas professionnel pantoute». J’aime le vin, mais je n’y connais rien, mais rien. Quand je vais à la SAQ, ma marche à suivre pour choisir une bouteille est plutôt simple: je cherche les belles étiquettes. Quand j’en trouve une, je prends. Peu importe le pays et toutes ces autres choses que je ne connais pas et qui, d’habitude, influencent le choix. J’achète une étiquette, donc.
Et quand je me retrouve dans un bar à vin comme le Pullman, avec entre les mains une carte des vins et la décision à prendre, je suis fourré.
— Vous avez fait votre choix?
— Euh. Est-ce que je peux voir les étiquettes?
Non, c’est pas vrai. C’est pas ce que j’ai dit. Je ne connais rien au vin, mais je suis bon pour faire semblant. Lire une carte des vins en faisant semblant d’y comprendre quoi que ce soit, puis demander au serveur des suggestions qui me surprendraient. «Qu’est-ce que tu aurais envie de nous faire découvrir?», que je dis, en sachant très bien, au fond de moi, que n’importe quoi me surprendrait, pas nécessairement du bon. Et quand vient le temps de goûter, je fais comme dans les films, et il paraît que j’ai l’air crédible.
Jeudi dernier, on a été chanceux: quand la gentille serveuse qui avait l’air de connaître ça est arrivée avec la bouteille qui devait me surprendre, j’ai aimé l’étiquette. C’était bon signe. Et c’était le début d’une belle soirée dans un de mes bars préférés.
Le Pullman. Endroit parfait pour parler, parler de tout toute la soirée sans voir le temps passer. Sous la lumière douce, dans ce décor sobre qui respire la classe sans transpirer le snobisme, on passe des heures à se monter un bill, à manger des tapas, à boire du bon vin et, dans mon cas, à analyser des étiquettes. Le tout, dans un coin de la ville différent, cette avenue du Parc au nord de Sherbrooke, avec cette horrible façade de Provigo qu’on voit par la fenêtre et qui contraste trop avec l’adorable lustre fabriqué avec des verres. Et pas un autre bar à des milles à la ronde, il semble. Quand on se retrouve au Pullman, c’est parce qu’on voulait vraiment être au Pullman. Ça rend l’endroit encore plus charmant.
Et le temps d’une soirée, l’amateur de vin se sent un peu plus professionnel. Ça fait du bien.
