Cellule

Cette semaine là, j’avais beaucoup de temps, et peu de choses à faire. Comme le thème de la soirée des Auteurs du dimanche était « Cellule », j’ai décidé de niaiser un peu, et au lieu de faire un texte sur le thème, j’ai fait des cellules de texte. C’est devenu une histoire à branches, un peu comme un livre dont vous êtes le héros, mais pas vraiment. Le dimanche soir du show, j’ai fait choisir au public la direction qu’il voulait que l’histoire prenne. Donc, il y a le trois quart de tout le texte qui n’a jamais été lu. En quelque sorte, j’ai écrit vraiment beaucoup de texte, pour vraiment très peu de lecture. Mais c’pas grave, c’était le fun pareil. Et pis là, vous pouvez le lire au complet si ça vous tente.

Faque je me suis retrouvé en prison, pis je me fais sodomiser quotidiennement par douze motards. C’était pas supposé se passer vraiment comme ça. Des fois dans la vie les choses se passent pas vraiment comme on veut. C’est comme si c’était pas vraiment moi qui décidais de ce qu’il m’arrive. Faque là, je me suis retrouvé en prison.

L’histoire a commencé lundi soir dernier. Je suis sorti du bureau à 5 heures et deux. C’est pas mon genre de faire de l’overtime, mais une petite minute de temps en temps, ça peut toujours aller. J’avais rien fait de la journée, j’étais fatigué, y’a rien de plus fatigant que rien faire, surtout quand t’es obligé de faire semblant de faire quelque chose. Faque j’étais épuisé.

Quand je suis entré dans le métro, j’ai eu de la misère à pousser la porte, je me suis trouvé faible. Je me suis traité de fif dans ma tête, pis mes pensées ont été interrompues par une voix de vieux monsieur dans les haut-parleurs qui disait : 132-12, 132-12, communiquer. Je me suis demandé quels parents pouvaient appeler leur enfant 132-12, pis je me suis dit que c’était soit des freaks de Star Wars, soit des mathématiciens qui savaient pas compter jusqu’à 4.

Une journée à rien faire, ça tord l’esprit un peu.

Sur le quai, j’ai attendu le métro peut-être pendant 4 minutes, mais ça m’a paru comme des semaines, parce que j’étais tanné de ma journée, tanné de mes pensées. J’avais mal aux pouces, de me les être tournés toute la journée, j’avais mal aux fesses, des coups de pieds que mon boss m’avait donnés pour que je travaille un peu. J’avais chaud, le manteau d’hiver, la tuque, les combines, les pantalons de ski-doo, les Hot Shots dans les mitaines, le feu de foyer, le souffle de l’âne pis du boeuf, le réacteur nucléaire, la doudou en plumes, le four à pizza. Encore là, mes pensées avaient pris le dessus, y’était vraiment temps que le métro arrive. J’avais juste hâte d’être rentré chez moi. Parce que chez moi j’allais pouvoir me rafraîchir, mais surtout parce que ma blonde m’attendait chez moi, pis que j’avais vraiment hâte de la voir.

Quel est le nom de ma blonde ?

Lucie
Maurice