Un moment de vulnérabilité
Un printemps gris, une amygdalite, l’impression d’avoir mille choses à faire et de ne pas savoir par où commencer, l’impression de devoir être partout et de rester chez moi à longueur de vie. L’impression de ne pas toujours mériter ce qui m’arrive, de ne pas avoir tout ce talent qu’on me dit que j’ai. Et l’impression que je suis incapable d’apprécier les belles choses qui m’entourent, parce tout va trop vite, parce que j’en suis trop proche, parce que je ne comprends rien.
La peur de me retrouver à dire, dans quelques années : « J’ai fait tout ça, moi ? J’m’en souviens plus. »
Ça va passer, je sais, c’est un petit moment grisouillant, parce que j’ai mal à la gorge, les petites douleurs se répandent vite quand on manque de soleil. Ça va passer en quelques heures, et je vais relire ceci, et me dire que j’étais dans le champ. Mais je suis un peu vulnérable, aujourd’hui, ce soir, à 21 h 22, je suis vulnérable, il ne faudrait pas qu’elle débarque chez moi. Ni elle. Ni elle.
Je regarde ma liste de choses à faire, les post-it multicolores qui font de mon ordinateur un sapin de Noël, et je ne sais plus. Ce sont toutes des choses trippantes, des petits bonheurs en mots, mais pas ce soir.
• Écrire mon 4e roman.
• Écrire un autre petit roman, qui ne sera peut-être jamais publié, mais que je veux faire quand même.
• Développer deux idées de long métrage que j’aime bien, mais que je dois pousser plus loin pour voir si elles ont un avenir.
• Développer quelques idées de séries télé. Explorer des univers. Voir où je m’en vais avec tout ça.
• Écrire un texte pour le prochain Urbania.
• Juger un paquet de textes d’élèves du secondaire, pour un concours littéraire de mon ancien collège.
• Vivre.
C’est des beaux projets, ça. Juste d’en faire la liste, niaiseusement comme ça, ça me rassure. Mettre tous les post-it en une seule liste, ça fait plus court, ça réconforte. Je suis épais comme ça. Impressionné par des idées éparpillées, réconforté par des idées organisées. Alors que ces idées devraient, logiquement, me faire paniquer.
Bon. Je sais plus où je voulais en venir avec tout ça.

18 mai 2005 à 20:50
Si ça peut te rassurer, tu n’es pas seul à faire des listes…Je crois qu’on doit être une belle gang à écrire nos vies sur des papiers multicolores autocollants… Ça ponctue nos jours…ça marque le tempo, ça nous recentre…En tous cas, moi ça me resitue…comme si ça me permettait de faire le ménage de mes méninges… Après c’est plus clair…
Je sais que ça change rien… mais je t’envoie tout de même une bonne dose de mon soleil… Bon courage pour l’amygdalite… moi j’étais en plein dedans il y a à peine deux semaines… Bonne nuit Matthieu…
19 mai 2005 à 7:53
Eh bien, tu parles d’une drôle de déprime. J’ai juste une chose à dire : lâche pas la patate.
C’est vrai ce que dit Calypso, on en fait tous des listes, il y a quelque chose de rassurant là-dedans. Ne t’en fais pas ainsi.
19 mai 2005 à 9:38
J’ai une question. Pourquoi quand je te parle t’as l’air ok? Tu fais semblant?
(C’t’une blague.. c’est juste pour te faire rire..! :P)
20 mai 2005 à 14:50
T’as oublié un truc sur ta liste de petits post-it.
Aimer.
21 mai 2005 à 16:33
Un autre élément manquant de ta liste : Prendre du temps pour toi et/ou pour tes amis et/ou pour ta blonde :) Soigne-toi bien!! Les microbes te disent peut-être que c’est le moment de te reposer un petit peu…
3 octobre 2005 à 12:18
“Bon. Je sais plus où je voulais en venir avec tout ça.” Et un gros sourire apparaît sur mon visage.
Je voulais juste te dire ça. Bonne journée. Comme on m’a déjà dit: “Bon soleil !”